Un sans-papier arrêté à la préfecture des Vosges où il venait chercher des renseignements

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Le tribunal administratif de Nancy a annulé mercredi l'arrêté de rétention visant un demandeur d'asile kosovar, interpellé lundi dans les locaux de la préfecture des Vosges, à Epinal, où il s'était rendu pour suivre l'avancée de son dossier.
Le tribunal administratif de Nancy a annulé mercredi l'arrêté de rétention visant un demandeur d'asile kosovar, interpellé lundi dans les locaux de la préfecture des Vosges, à Epinal, où il s'était rendu pour suivre l'avancée de son dossier. — Joel Saget afp.com

Un ressortissant kosovar en situation irrégulière, qui s'était rendu lundi à la préfecture des Vosges à Epinal pour suivre l'avancée de son dossier de demande d'asile, a été interpellé par les forces de police et placé en rétention, a-t-on appris mardi auprès de ses avocats.

«Il s'est rendu à la préfecture pour savoir où en était sa requête. On lui a dit de patienter et qu'on allait le renseigner. En fait, la préfecture a appelé la police et il a été interpellé», a dit à l'AFP Me Rémi Stephan.

Le ressortissant kosovar, âgé de 25 ans, réside en France depuis 2011. «Il a formulé une demande d'asile qui a été rejetée, et est sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français», a expliqué Me Stephan.

«La préfecture des Vosges a piégé un demandeur de renseignement»

Ses avocats ont formé un recours en référé devant le tribunal administratif de Nancy contre la mesure de rétention pour détournement de pouvoir.

«La préfecture des Vosges a piégé un demandeur de renseignement. La République, dans une de ses maisons, s'est comportée de manière scandaleuse: je n'ose croire que Manuel Valls couvre une telle politique», a dénoncé un autre avocat du ressortissant, Me Gérard Welzer, qui a écrit au ministre de l'Intérieur.

«Un dévoiement grave du service public»

«Il s'agit d'un dévoiement grave du service public qui rappelle des heures peu heureuses», a-t-il encore estimé.

La préfecture des Vosges a confirmé à l'AFP que la décision d'obligation de quitter le territoire français avait «été mise à exécution» lorsque le jeune Kosovar s'est présenté «de son propre chef» lundi dernier.

«Il était entré irrégulièrement en France le 27 mars 2011. Il avait sollicité l’asile en mai 2011, qui lui a été refusé par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides en juin de la même année. Ce refus a été confirmé par la Cour nationale du droit d’asile le 6 avril 2012», a précisé la préfecture.