Sécurité routière: Manuel Valls va-t-il revenir sur les éthylotests obligatoires?

ÉVALUATION 'éthylotest, utile ou pas? Le ministre de l'Intérieur a demandé une expertise au conseil national de la sécurité routière...

A.D. avec Sipa

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Un homme tient des éthylotests, le 1er décembre 2008.
Un homme tient des éthylotests, le 1er décembre 2008. — PERROT OLIVIER/SIPA

Les automobilistes qui se sont déjà équipés pourraient bien avoir investi pour rien. Manuel Valls a annoncé ce mardi que l'obligation de disposer d'un éthylotest dans les voitures, imposée depuis le 1er juillet dernier, allait faire l'objet d'une évaluation par le conseil national de la sécurité routière (CNSR). Le ministre de l'Intérieur en tirera ensuite les «conclusions».

Il pourrait même annoncer dans la journée  la fin de l’éthylotest obligatoire, lors d'une conférence de presse sur la sécurité routière. Pour l'entourage du ministre, cité par Europe1, «personne au gouvernement n'a envie de s'embêter avec cette règle décidée sous la présidence Sarkozy».

Impossible de s’approvisionner

Entrée en vigueur le 1er juillet dernier, la loi n’a jamais vraiment été appliquée. Théoriquement, tout conducteur d'un véhicule à moteur doit disposer d'un éthylotest à bord de son véhicule. La verbalisation devait débuter le 1er novembre, mais  une pénurie d'appareils dans le commerce a forcé le ministère de l'Intérieur, le 8 octobre dernier, à repousser de quatre mois cette échéance.

D’ici là, le CNSR devra donner son avis sur la pertinence de cette mesure. L'obligation de posséder un éthylotest sera-t-elle annulée? Rien n’est encore décidé,  «à partir du moment où je demande une consultation, je respecte ceux qui vont la mener», a affirmé Manuel Valls.

Une loi que personne ne défend

«Ce dispositif et sa mise en œuvre posent un certain nombre de questions légitimes, donc il faut l'évaluer (...). Le conseil, présidé par le député Armand Jung, évaluera ce dispositif et après cette évaluation, j'en tirerai les conclusions», a précisé le ministre de l’Intérieur ce mardi matin au micro d'Europe 1

Même pour Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, cette mesure est un «pur gadget». «Il faut rappeler que 80% des accidents mortels ont lieu au-delà de 1,2 g d'alcool, [que les éthylotests] ne sont pas fiables, qu'ils contiennent des substances chimiques toxiques, (…), qu'ils ne supportent pas le chaud, pas le froid, et qu'en plus ils sont devenus introuvables» explique-t-elle au micro d’Europe1. Quelle que soit la décision du ministre, les fabricants ont déjà écoulés leurs stocks.