Un défi renouvelé pour les services de renseignement

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Une vigilance de plus en plus difficile à exercer. L'émergence du territoire sahélien comme terre de djihad, en plus des traditionnels théâtres orientaux, rend la détection des candidats français au terrorisme bien plus compliquée pour les services de renseignement hexagonaux. « Les points d'entrée sur la zone sont multiples, les frontières poreuses et les anciens contacts avec l'administration sécuritaire ont disparu dans de nombreux pays à cause des changements de régime », confirme Mathieu Guidère, professeur d'islamologie à l'université de Toulouse. Selon des sources militaires, certains des Français repérés au Nord-Mali ont transité par Dakar ou encore Abidjan.

Des allers-retours pistés
« Un gros effort a déjà été fait par la France pour former les services de renseignement au Niger et au Burkina Faso, assure Louis Caprioli, ancien sous-directeur chargé de la lutte antiterroriste à la Direction de la surveillance du territoire (DSTI). Mais les pays d'Afrique de l'Ouest, comme la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou le Ghana, ne sont pas prêts à relever le défi. » Toutefois, une faiblesse pour les terroristes existe. « Il est impossible de faire le voyage jusqu'au Mali sans soutien local. Il faut des cellules de logistique et d'accueil. » Leur identification faciliterait donc le repérage de Français, dont les éventuels allers-retours entre l'Hexagone et des zones sensibles via d'autres pays européens sont également surveillés. Une source antiterroriste confirme qu'une famille de province, qui se rend fréquemment dans une capitale africaine, a été placée sous surveillance.Alexandre  Sulzer