Affaire Firmin Mahé: Quatre militaires jugés aux assises

JUSTICE Pour avoir tué un Ivoirien en 2005...

Vincent Vantighem

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Le général français Henri Poncet (à gauche) et Firmin Mahé.
Le général français Henri Poncet (à gauche) et Firmin Mahé. — BIAN / SIPA

Les militaires le surnommaient le «coupeur de route». Capable de commettre les pires exactions en pleine guerre civile ivoirienne, Firmin Mahé est mort, en 2005, étouffé dans un sac-poubelle alors qu'il se trouvait dans un véhicule blindé léger (VBL) de l'armée. Quatre militaires, dont un colonel, sont jugés, à partir de ce mardi, pour répondre de leur responsabilité dans la mort de cet Ivoirien de 30 ans.

«Vous roulez doucement»

Les faits sont établis. L'adjudant-chef Guy Raugel a reconnu dans son rapport «avoir étouffé» le jeune coupeur de route, dès le lendemain de l'incident. Mais la cour d'assises de Paris a prévu deux semaines d'audiences pour tenter de déterminer qui lui en a donné l'ordre. Auteur de plusieurs meurtres et viols dans la région, Firmin Mahé avait été blessé à une jambe dans un affrontement avec les militaires. «Guy Raugel reconnaît avoir reçu un ordre du colonel Burgaud, assure Jacques Trémolet de Villiers, son avocat. Il l'a exécuté…»

Présent dans le VBL, Eric Burgaud est en effet au centre de l'affaire. «Il va assumer devant la cour, prévient déjà Alexis Gublin, son avocat. Il n'a pas eu la force morale de s'opposer à un ordre venu de plus haut.» Car Eric Burgaud assure, lui, avoir reçu des directives du général Henri Poncet. Mis en examen, ce dernier a finalement bénéficié d'un non-lieu. « Mahé est grièvement blessé, vous roulez doucement… Vous m'avez compris!», aurait-il dit au colonel Burgaud, d'après l'avocat de ce dernier. Son témoignage, le 4 décembre, pourrait changer le cours de cette histoire.