Affrontements entre CRS et manifestants sur le site de Notre-Dame-des-Landes et devant la préfecture de Nantes

SOCIETE Huit personnes ont été interpellées et trois blessées sur le site de Notre-Dame-des-Landes...

A.Ch. avec agences

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Affrontements entre la police et les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 24 novembre 2012.
Affrontements entre la police et les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 24 novembre 2012. — AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Dernière minute: Les manifestants ont quitté  vers 19h les abords de la préfecture de Loire-Atlantique.

Un CRS a été blessé cet après-midi lors des incidents devant la préfecture de Loire-Atlantique à Nantes entre forces de l'ordre et manifestants protestant contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, a indiqué le ministère de l'Intérieur. «Un CRS a été touché lors de la manifestation à Nantes, victime d'un pavé lancé qui l'a frappé au visage alors qu'il était derrière la lance à eau», a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère, Pierre Henry Brandet. Le CRS «a perdu connaissance et est évacué en ce moment même au centre hospitalier de Nantes», a ajouté le porte-parole sans être en mesure de se prononcer sur le degré de gravité de cette blessure.

Des milliers de manifestants protestant contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes se sont rendus en fin d'après-midi à la préfecture de Nantes. Les CRS utilisent des lances à eau pour tenter de les disperser, rapporte l’AFP. Certains opposants lancent des pierres contre les forces de l'ordre, en scandant «libérez la ZAD, libérez la ZAD» (Zone d'aménagement différé de l'aéroport) ou «Ayrault, salaud», en référence au premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes

Affrontements sur le site de l'aéroport

De nouveaux affrontements ont éclaté samedi à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, entre les forces de l'ordre et les opposants au projet d'aéroport qui suscite un malaise de plus en plus profond chez les élus écologistes alliés au gouvernement. Des cailloux, bouteilles, fusées de détresse et cocktails Molotov ont été lancés en direction des gendarmes qui ont riposté par des tirs de grenades, lacrymogènes ou assourdissantes. La préfecture de Loire-Atlantique a signalé deux blessés du côté des opposants et un du côté des gendarmes, transportés à l'hôpital pour des examens, dans cette contestation qui ne cesse de grandir sur le terrain depuis un mois. Huit personnes ont été interpellées, principalement pour des violences sur personne dépositaire de l'autorité publique.

Après une grande opération d'expulsion menée sur trois sites vendredi, les gendarmes mobiles ont pour mission de sécuriser l'intervention des entreprises mobilisées pour la destruction de maisons et cabanes en bois dans laquelle les opposants les plus radicaux sont installés depuis des mois. «L'objectif de l'action en cours est d'éliminer toutes les constructions reconnues illégales à ce jour pour empêcher le camp de prendre des proportions inadmissibles», précise la préfecture de Loire-Atlantique, qui évalue le nombre d'opposants sur place à «500, dont 150 très agressifs».

Les opposants au projet -des agriculteurs, des activistes, des élus ou de simples citoyens- réfutent tout problème de saturation ou de sécurité de l'aéroport actuel.  Ils dénoncent la destruction d'une des dernières zones de biodiversité exceptionnelle du département. Leur manifestation, il y a une semaine à Notre-Dame-des-Landes, a rassemblé entre 13.500 personnes, selon la préfecture, et 40.000 selon leurs chiffres. «Le débat public a déjà eu lieu, entre 2002 et 2003 pendant cinq mois. Il y a eu 16 réunions publiques, qui ont rassemblé 7.500 personnes», a déclaré Christian de Lavernée, préfet de la région Pays de la Loire.

Cohn-Bendit dénonce «une façon de gouverner complètement archaïque»

Mais le gouvernement a affiché samedi sa détermination à mener à bien un projet porté par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes. Les ministres de l'Ecologie, des Transports et de l'Agriculture, Delphine Batho, Frédéric Cuvillier et Stéphane Le Foll, ont confirmé dans un communiqué la «nécessité de poursuivre le déroulement du projet de transfert de l'aéroport de Nantes-Atlantique, porté par deux régions, sept départements et les intercommunalités de Nantes, Rennes, Saint-Nazaire et La Baule». Le gouvernement réitère les engagements pris pour respecter la biodiversité et la préservation des terres agricoles. Les ministres soulignent par exemple que les 250 hectares qui seront «artificialisés» seront compensés par la mise à disposition de friches agricoles disponibles.

 Sur le plan politique, les écologistes critiquent de plus en plus un dossier qui devient brûlant pour la majorité. L'envoi d'un demi-millier de gendarmes pour empêcher les opposants d'occuper le site est «une façon de gouverner complètement archaïque», estime dans Libération de samedi le cofondateur d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Daniel Cohn-Bendit. Pour lui, «la manière dont cela se passe à Notre-Dame-des-Landes rend de plus en plus difficile le maintien des écologistes au gouvernement», où le PS croit «que l'on peut piétiner et les écologistes et les enjeux écologistes». EELV avait déjà déploré vendredi l'ampleur de l'intervention des forces de l'ordre «face à quelques centaines de militants et d'agriculteurs», critiquant «une conception pour le moins étonnante de la 'force du droit' où il y a plus de force que de droit».

 Selon la préfecture, les expulsions des squatteurs se justifient par l'imminence des travaux préparatoires à la future desserte routière de l'aéroport, qui doivent démarrer en janvier prochain. Ceux de l'aéroport à proprement parler doivent débuter en 2014, pour une mise en service en 2017. La construction et la concession du futur aéroport, situé à 30 km au nord de Nantes, ont été confiées au groupe Vinci, qui évalue son coût à 560 millions d'euros. Il en déboursera 320, le reste étant payé par l'Etat (125,5 millions d'euros) et les collectivités locales (115,5 millions d'euros). Le projet est porté par l'Etat et soutenu par l'UMP, le Parti communiste et les élus socialistes.