Affaire Bettencourt: Aurait-on confondu Liliane Bettencourt et Ingrid Betancourt?

JUSTICE Une confusion qui aurait été «reconnue» et «actée» par le juge d’instruction...

M.Gr. avec Sipa

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Depuis décembre 2010, c'est le juge d'instruction qui mène la barque dans le volet bordelais de l'affaire Bettencourt : à 51 ans, Jean-Michel Gentil gère ce dossier d'Etat avec une réputation d'homme inflexible et très discret.
Depuis décembre 2010, c'est le juge d'instruction qui mène la barque dans le volet bordelais de l'affaire Bettencourt : à 51 ans, Jean-Michel Gentil gère ce dossier d'Etat avec une réputation d'homme inflexible et très discret. — Fred Dufour afp.com

Les soupçons qui se sont portés sur Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt étaient liés à une confusion entre la richissime héritière et la famille de l'ex-otage française en Colombie Ingrid Betancourt, a expliqué ce vendredi Me Thierry Herzog, l'avocat de l'ancien président de la République, au lendemain de son audition par le juge d'instruction.

Le juge d'instruction a «reconnu» et «acté» cette confusion liée à une homonymie, a assuré l'avocat sur Europe 1.

«Nom mal orthographié»

Le 5 novembre 2008, Nicolas Sarkozy a bien un rendez-vous d'«un quart d'heure» avec Liliane Bettencourt, «première contribuable de France» et à la demande de celle-ci, a-t-il reconnu. «On imagine le président de la République abuser de la faiblesse de madame Bettencourt? C'est injurieux», s'est-il insurgé.

Sur les autres rencontres présumées qui ont interpellé le juge d'instruction, comme le 5 juin 2007, «c'est sur un tableau (...) où, très curieusement, on indique que Nicolas Sarkozy a reçu la famille «Betancourt», le juge fait cette mention entre parenthèses: ««Nom mal orthographié»» (mais) le nom est bien orthographié, il s'agissait de la famille d'Ingrid Betancourt», a expliqué Me Thierry Herzog. «Car à peine un mois après son accession à Élysée, le président de la République n'a qu'une obsession, celle de pouvoir obtenir la libération d'un otage français, Ingrid Betancourt», a-t-il insisté.

«Une affaire qui n’existe plus»

«Les juges, après douze heures d'audition, ont considéré qu'il n'y avait aucune charge, aucun indice concordant», a-t-il martelé. L'avocat estime désormais que son client ne risque plus rien dans cette affaire. «Par définition, un témoin assisté ne peut pas faire l'objet d'un quelconque procès et donc pour lui, pour moi (cette affaire Bettencourt) est une affaire qui n'existe plus.»

Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale a confié ce vendredi sur iTélé avoir été «rassuré» par la décision des juges. «Je préfère pour l'image de mon pays, que cela n'ait pas abouti à une mise en accusation», a-t-il déclaré. «Imaginez ce que représenterait l'image de la France si un ancien président de la République était accusé d'avoir profité de la faiblesse d'une personne âgée.»