Présidence de l'UMP: Copé élu avec 98 voix d'avance, Fillon ne conteste pas

POLITIQUE Mais l'ancien Premier ministre dénonce des résultats «entachés de nombreuses irrégularités»...

Avec Reuters

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Elu président de l'UMP le 19 novembre 2012, Jean-François Copé a appelé au «rassemblement».
Elu président de l'UMP le 19 novembre 2012, Jean-François Copé a appelé au «rassemblement». — WITT/SIPA

25 heures de cacophonie et 98 voix d'écart. Lundi soir, le feuilleton de la présidence de l'UMP a trouvé un épilogue avec la victoire de Jean-François Copé, désormais face au défi du rassemblement.

La Commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales (Cocoe) de l'UMP a décidé de valider les votes en l'état. Le secrétaire général sortant de l'UMP a recueilli 87.388 voix, soit 50,03%, contre 87.290 voix à l'ancien Premier ministre. Sur 176.608 votants, la commission a décompté 174.678 suffrages exprimés.

 

Copé tend la main à Fillon...

 

Jean-François Copé, souriant et entouré de ses proches, Nadine Morano et Christian Jacob, a appelé au rassemblement de l'opposition de droite. «J'ai téléphoné à François Fillon, je lui propose ainsi qu'à toutes celles et tous ceux qui ne m'ont pas apporté leur soutien dans cette campagne de me rejoindre», a lancé Copé, qui avait constitué un «ticket» avec Michèle Tabarot et Luc Chatel.

 

«Je souhaite dire qu'il n'y a dans mon esprit comme dans mon coeur ni amertume ni rancœur», a souligné le nouveau président. «Ce qui nous rassemble est infiniment supérieur à ce qui nous divise. Nos adversaires, ils sont à gauche.» Jean-François Copé a redit sa fidélité à Nicolas Sarkozy, auquel il succède à la tête de l'UMP pour un mandat de trois ans, et précisé avoir une pensée pour Jacques Chirac. «La droite décomplexée, croyez-moi, désormais, elle est de retour», a-t-il lancé.

 

mais Fillon ne la saisit pas

 

François Fillon, que les sondages donnaient vainqueur de ce scrutin interne sans précédent, a déclaré prendre acte d'un résultat dont «il ne se satisfait pas» mais a annoncé qu'il n'opposerait pas de recours. «Au-delà des nombreuses irrégularités de ce scrutin que j'aurais pu contester, ce qui me frappe surtout ce soir, c'est que la fracture qui traverse notre camp politique est désormais manifeste. La réduire et la dépasser, tel est l'objectif que je m'assigne.» L'ancien Premier ministre a précisé qu'il ferait connaître «dans les jours qui viennent» la forme de son engagement politique pour l'avenir.

 

L'ancien ministre Eric Woerth, qui le soutenait, a assuré sur BFM TV qu'il ne s'agissait pas d'«une déclaration de guerre». «C'est une grande victoire pour nous, c'est un grave échec pour lui», déclarait-on lundi soir dans l'entourage de Jean-François Copé.

 

Une chose est sûre, l'UMP va revoir son mode de scrutin. Le président de la Cocoe, Patrice Gélard, a jugé «complètement inadaptés» les statuts du parti, créés en 2002. Sa conclusion, lâchée sur BFM TV: «Il était temps que ça s'arrête.»