Violences conjugales: Les hommes également victimes

SOCIETE A l'occasion de la journée internationale des hommes, qui a lieu ce lundi, l'association SOS Hommes battus organise un colloque...

Corentin Chauvel

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Illustration d'un homme marchant dans la rue.
Illustration d'un homme marchant dans la rue. — BANOS / TPH / SIPA

Si une grande majorité des victimes de violences conjugales sont des femmes, près de 130.000 hommes sont également brutalisés par leur conjointe chaque année. L’association SOS Hommes battus profite ainsi de la journée internationale des hommes, qui se déroule ce lundi, pour organiser son deuxième colloque sur «les violences conjugales faites aux hommes».

«C’est l’un des derniers grands tabous. Au prétexte que les femmes sont trois fois plus nombreuses à souffrir dans le huis clos conjugal, on ne parle jamais des hommes», explique au Parisien ce lundi Sylvianne Spitzer, présidente de l’association. «Pourtant, les femmes violentes existent et font des victimes qui n’ont ni aide, ni considération», ajoute-t-elle.

Plus de violences physiques que sexuelles

Le dernier rapport sur les violences conjugales, publié le mois dernier par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, indiquait que sur deux ans, 136.000 hommes (contre 406.000 femmes) s’étaient déclarés victimes de violences physiques ou sexuelles au sein de leur ménage, soit 6,4 hommes pour 1.000 de 18 à 75 ans. Les hommes sont très majoritairement victimes de violences physiques puisque le nombre estimé d’hommes ayant déclaré avoir subi ce type d’atteintes atteint près de 120.000 individus, précise le rapport. Les hommes de 25-34 ans sont les plus touchés et ceux diplômés de l'enseignement supérieur sont deux fois plus touchés que les autres.

Cependant, comme pour les femmes, ces chiffres pourraient être plus importants car certaines victimes n’osent pas déclarer leur situation. Depuis sa création il y a trois ans, SOS Hommes battus a été contactée par «près de 7.000 hommes», selon Sylvianne Spitzer qui évoque «des situations terribles, avec des schémas très comparables à ceux que subissent les femmes battues», à savoir «l’emprise, l’escalade, la honte, la peur de parler, les enfants pour lesquels on reste…» A l’heure actuelle, en France, une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son compagnon. La moyenne est d’une victime tous les treize jours pour les hommes, d’après Sylvianne Spitzer.