Brutalités en marge de la manif anti-mariage pour tous: Caroline Fourest a porté plainte, les Femen font constater leurs blessures

JUSTICE La journaliste l'a annoncé ce lundi sur Europe 1, les militantes féministes ont entamé les démarches...

Julien Ménielle

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La journaliste Caroline Fourest lors d'une conférence de presse, en février 2007 à Paris.
La journaliste Caroline Fourest lors d'une conférence de presse, en février 2007 à Paris. — JACK GUEZ / AFP PHOTO

«J’ai déjà porté plainte.» Caroline Fourest a annoncé ce lundi matin sur Europe 1 avoir entamé une action en justice après avoir été brutalisée en marge de la manifestation contre le mariage pour tous, organisée la veille à Paris par l’institut catholique Civitas. La journaliste filmait l’action des «sextrémistes» des Femen quand elle dit avoir été brutalisée.

«C'est Caroline Fourest, cours sale pute»

«On m'a mise à terre» et «ma tête a heurté le trottoir», «on m'a tirée par les cheveux, tabassée», raconte la journaliste. Et quand son bonnet lui a été arraché, et que ses agresseurs l’ont reconnue, elle a «pris une deuxième raclée», affirme-t-elle. «C'est Caroline Fourest, cours sale pute», ont-ils crié, selon elle.

Caroline Fourest était sur les lieux pour filmer la contre-manifestation des Femen. Les féministes aux seins nus, comme à leur habitude, sont arrivées en courant, se sont dévêtues, exhibant des slogans tels que «In gay we trust» ou «Fuck church» peints sur leurs corps. Plusieurs militantes ont également été frappées, a confirmé leur leader Inna Shevchenko à 20 Minutes.

«Nous avons fait constater nos blessures à l'hôpital»

«Ils m'ont cassé des dents, et d'autres filles avaient la bouche ou le visage en sang», a assuré dimanche Inna Shevchenko à 20 Minutes. Installée depuis septembre à Paris, où Femen a ouvert son premier centre hors Ukraine, et après quelques actions provocatrices mais pacifistes, la militante a elle aussi annoncé son intention de porter plainte.

«Nous avons fait constater nos blessures à l'hôpital cet après-midi», confirme Inna Shevchenko ce lundi à 20 Minutes. Une autre militante, Oksana Shachko, pourrait avoir le nez cassé, indique la page Facebook des Femen. Les jeunes femmes doivent encore se rendre au commissariat pour déposer plainte et annoncent avoir identifié leurs agresseurs.

«Oeil pour oeil, dent pour dent»

Eloïse Bouton, Française ayant rejoint les Femen à leur arrivée à Paris, faisait aussi partie de la contre-manifestation. Sa photo a beaucoup circulé dimanche sur les réseaux sociaux, et elle aussi a été brutalisée. «On m'a donné des coups de pieds dans le dos quand j'étais à terre, on m'a tenue par les cheveux pour me cogner la tête sur un capot de voiture», affirme-t-elle à 20 Minutes. «J'ai le bas du dos comme bloqué, et un torticolis», détaille la jeune femme, qui compte aussi porter plainte.

Comme ses consoeurs, elle s'est rendue au commissariat mais elle n'a pas encore eu de rendez-vous au service de médecine légale. Sur Facebook, les militantes préviennent: «Femen promet de ne pas oublier cet incident et de se venger des organisateurs dans la plus pure tradition chrétienne: oeil pour oeil, dent pour dent». Mais pas question de répondre à la violence par la violence, rassure Eloïse Bouton: «Nous continuerons nos actions de terrorsime pacifique».