Un Franco-américain jugé en appel pour l'assassinat d'un médecin à Chicago

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La responsable de la seconde crèche illégale fermée cet été à Marseille a été condamnée lundi à 12 mois de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de la ville, a-t-on appris auprès de son avocat.
La responsable de la seconde crèche illégale fermée cet été à Marseille a été condamnée lundi à 12 mois de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de la ville, a-t-on appris auprès de son avocat. — Jacques Demarthon afp.com

Condamné en première instance à la perpétuité, Hans Peterson, un Franco-américain de 34 ans, comparaît en appel à Paris pour avoir tué son dermatologue en 2006 à Chicago, à qui il reprochait de lui avoir prescrit un médicament auquel il imputait de nombreux troubles. Le procès pour assassinat précédé d'actes de torture et de barbarie commence lundi devant la cour d'assises de Paris et doit s'achever vendredi.

L'affaire trouve son origine en 2002. Hans Peterson consulte alors le Dr David Cornbleet à Chicago qui lui prescrit un puissant traitement contre l'acné, l'Accutane. Se plaignant de troubles sexuels et autres effets secondaires, qui ne sont pourtant pas ou rarement observés après la prise de ce médicament, il cesse le traitement au bout de deux jours.

Haine obsessionnelle

Dès lors, le jeune homme commence à nourrir une haine féroce, qui l'obsédera pendant quatre ans, contre le médecin. Il n'hésitera pas à le harceler au téléphone en le menaçant de mort, ou simplement pour entendre la voix de celui qu'il a décrit comme «celui qui a réduit sa vie à néant» lors de son premier procès. Devant les assises à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), il avait soutenu que l'Accutane avait exalté ses troubles psychiatriques.

En août 2007, Hans Peterson se constitue prisonnier à la gendarmerie de Saint-Martin, dans les Antilles françaises et livre le récit du crime survenu un peu moins d'un an auparavant. Il a affirmé, après avoir pris rendez-vous avec le Dr Cornbleet le 24 octobre 2006 à son cabinet, avoir ligoté et bâillonné le dermatologue de 64 ans, passé un chalumeau devant son visage, tenté de lui couper poignets et chevilles avec une scie à métaux. C'est lorsque le médecin s'était emparé de son couteau, lui causant une simple égratignure, que selon son propre récit, Hans Peterson lui aurait alors asséné plusieurs dizaines de coups de couteau. L'autopsie en révèlera une quarantaine ainsi qu'une trentaine de lacérations.

Troubles psychologiques depuis l'adolescence

Les experts qui l'ont examiné divergent. Certains estiment que son discernement était altéré au moment des faits, un autre avait conclu à l'abolition de son discernement et donc à son irresponsabilité pénale. Lors de l'audition de cet expert psychiatre au quatrième jour du premier procès, Hans Peterson n'avait pas supporté que son avocat insiste sur ce point et l'avait récusé sur le champ.

Les psychiatres avaient souligné devant la cour le délire paranoïaque dont souffre l'accusé, atteint de troubles psychologiques depuis l'adolescence. Né aux États-Unis, où il avait toujours vécu, d'une mère française et d'un père américain, il dispose de la double nationalité. Il s'était réfugié dans la partie française de Saint-Martin pour échapper à une condamnation à la peine de mort, la France n'extradant pas ses ressortissants.

Devant les assises de Paris, le ministère public sera représenté par l'ancien procureur de Nanterre Philippe Courroye, aujourd'hui avocat général à la cour d'appel de Paris.