Corse: Alain Orsoni, celui autour de qui le vide se fait

PORTRAIT Treize ans d'exil n'ont pas déraciné cet ancien militant nationaliste corse. Autour de lui, le milieu semble aujourd'hui vouloir faire du ménage...

Aurélie Delmas

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Alain Orsoni lors de la réception de Bordeaux à Ajaccio le 29 octobre 2011.
Alain Orsoni lors de la réception de Bordeaux à Ajaccio le 29 octobre 2011. — PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

A 58 ans, le président du club de football d'Ajaccio, Alain Orsoni promet ne pas savoir qui sont les assassins et assure craindre pour sa vie. En deux ans, quatre de ses amis ont été assassinés. Celui qui affirme être un homme d’affaires parfaitement en règle a pourtant de nombreux liens, très anciens, avec les milieux nationalistes. Portrait.

Ancien militant politique

Pendant près de vingt ans, Alain Orsoni fut l’un des principaux acteurs politiques de l’île. Militant de la première heure dans les années 70, ancien dirigeant du Front de libération nationale de la Corse (FLNC), il participe notamment, en 1980, au mitraillage de l'ambassade d'Iran.

A la suite d'une scission au sein du mouvement indépendantiste, il crée le mouvement pour l’autonomie (MPA) en 1989, surnommé par ses opposants: «Le mouvement pour les affaires.»

Homme d’affaires

Alain Orsoni a vécu treize ans en exil aux Etats-Unis, en Amérique latine et en Espagne avant de rentrer dans l'île en 2008 pour prendre la présidence de l'AC Ajaccio. Son exil lui a permis à la fois de se protéger des règlements de comptes et de faire des affaires. Il s'installe à Miami en Floride pour y ouvrir une pizzeria, puis à Managua, au Nicaragua, où il lance un business de machines à sous. Quelques mois après son retour, un projet d'assassinat contre lui avait été déjoué par la police.

C'est à la mort de Michel Moretti, président du club de football d'Ajaccio et ancien du MPA, qu’Alain orsoni retourne sur son île, en 2008. Orsoni préside le club depuis.

Il s’occupe aussi des affaires judiciaires qui touchent son fils, Guy. Soupçonné de quatre meurtres dans une série de règlements de comptes, il a été arrêté en 2011, après dix-huit mois de cavale. Pour le faire sortir de prison, Alain Orsoni, qui a lui-même été mis en examen dans cette affaire, est allé jusqu’à faire la grève de la faim.

Dans le viseur

Alain Orsoni se décrit «comme un homme de plus en plus en danger compte tenu de la campagne de presse infamante» dont il est victime. Il affirme n’avoir «aucune affaire en Corse» et mener «une vie normale». Alain Orsoni a déclaré vendredi sur RTL ne pas savoir qui armait les assassins ni qui ils étaient, après que Manuel Valls a affirmé qu'il savait «des choses».

Pourtant, quatre de ses proches ont été assassinés ces dernières années, notamment l'avocat Antoine Sollacaro, ancien militant nationaliste comme lui et membre du conseil de l'ACA, et le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Corse-du-Sud, Jacques Nacer, également secrétaire général de l'ACA.