Un gendarme interpellé 17 ans après le meurtre d'une étudiante à Lille

FAITS DIVERS Le gendarme aurait maquillé la scène de crime...

Sipa

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Gendarme en observation.
Gendarme en observation. — LOIC VENANCE / AFP

Dix-sept ans après les faits, un gendarme d'une quarantaine d'années doit être déféré ce vendredi au parquet de Lille pour le meurtre d'une étudiante de 18 ans, Stéphanie Fauviaux, retrouvée morte chez elle le 24 mai 1995 à Lille, a appris Sipa de sources proches du dossier. Confondu par son ADN, le suspect, qui était un proche de la jeune fille, a «tout avoué», précise-t-on de même source.

Lors de son interrogatoire en garde à vue, le gendarme a «tout avoué» selon une source proche du dossier. Une preuve ADN, «un poil pubien retrouvé sur le nombril de la victime, seul indice dans cette affaire», a permis de faire le lien avec la personne inculpée. On ignorait pour l'heure, à quelle occasion la police avait pu faire le lien ADN avec ce gendarme, adjudant en chef, qui travaillait à Nice.

Soulagement des parents

Les parents de la victime, joints par Sipa, se sont dit soulagés mais souhaitaient rester très discrets de «peur de faire capoter l'affaire». «Le pire dans cette histoire, c'est que c'est la personne qui l'a retrouvé il y a dix sept ans qui l'a tué et a tout maquillé à l'arrivée des policiers. C'est le beau-frère de Karine, sa colocataire», affirme Francis Fauviaux, le père de Stéphanie.

Les faits remontent au mois de mai 1995. La victime Stéphanie, âgée de 18 ans, originaire de Wizernes, près de Saint-Omer, étudiante en première année de Deug mathématiques et sciences sociales, est retrouvée au matin, à moitié nue dans la baignoire, par sa colocataire Karine, dans un logement du 52, rue Faidherbe à Lille. A l'époque, l'accident et le suicide sont écartés.

Le 24 mai 1995, Karine, sa colocataire, vient chercher ses affaires avec des proches. Sa clé refuse alors de pénétrer dans la serrure, obstruée par une pièce métallique. A l'intérieur, le sac de la victime a été fouillé ce qui laisse penser à un cambriolage. Karine décide de passer à la salle de bains, mais la porte est fermée à clef. L'étudiante regarde par la ventilation et «voit un pied qui dépasse de la baignoire».

Tests ADN

Stéphanie est retrouvée morte dans la baignoire remplie aux trois quarts. La jeune femme porte un peignoir et le légiste découvrira des traces de strangulation. Deux fractures au crâne sont décelées, mais aucune trace de viol.

Pendant des mois, les policiers de la sûreté de Lille ont épluché les emplois du temps de ses collègues, amis et proches, sans succès. Quelques heures avant le meurtre, à deux reprises et à une demi-heure d'intervalle, une personne a sonné à l'interphone de la victime. Les deux colocataires ont répondu selon les résultats des investigations des enquêteurs, mais «personne n'a répondu à l'autre bout du combiné».

Au total, près de 300 personnes ont été entendues dans cette affaire et seul un étudiant, Rédouane, âgé d'une trentaine d'année, a intéressé les inspecteurs. En effet, le jeune homme avait menti sur son alibi, mais les tests ADN l'ont innocenté.