Des milliers de personnes manifestent à Paris dans le cadre d'une mobilisation européenne contre l'austérité le 14 novembre 2012
Des milliers de personnes manifestent à Paris dans le cadre d'une mobilisation européenne contre l'austérité le 14 novembre 2012 — FRED DUFOUR / AFP

SOCIAL

Journée contre l'austérité: L'Europe se mobilise

Des manifestations contre l'austérité se sont déroulées ce mercredi un peu partout en Europe. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues, pour des raisons diverses...

Au moins 22 pays de l'Union européenne ont répondu ce mercredi à l'appel à la mobilisation de la Confédération européenne des syndicats (CES) contre l'austérité. Grève générale en Espagne et au Portugal, manifestations et arrêts de travail en Grèce, en Italie, en France, 20 Minutes fait le tour des raisons de la grogne.

La France: Effrayée par les plans sociaux

En France, «nous ne sommes pas dans l'austérité», a affirmé Jean-Marc Ayrault sur France Info à quelques heures du début des manifestations. Pour le Premier ministre, l'austérité se traduit notamment pas une baisse des salaires et des retraites, or «ce n'est pas la politique du gouvernement».

Plusieurs milliers de manifestants, 5.200 selon la police, défilaient pourtant mercredi après-midi à Paris et dans toute la France. Plus de 150 manifestations étaient prévues pour la première mobilisation unitaire CGT/CFDT depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir. Les Français sont surtout en colère contre une succession de plans de licenciements. ArcelorMittal, Peugeot, Presstalis, Alcatel, Air France, Electrolux, Technicolor, Sanofi, Petroplus… Aucun secteur ne semble échapper à la déferlante de plans sociaux qui touche le pays depuis plusieurs mois.

L’Espagne: En colère contre les expulsions

C’est la deuxième grève générale de l’année en Espagne, l’un des pays européens les plus fragilisés. Dans le centre de Madrid, la police anti-émeutes a dispersé à coups de matraques, tirant en l'air des balles en caoutchouc, des centaines de manifestants. L'impact du mouvement était cependant limité par le service minimum habituel.

Dans ce pays où le chômage touche plus d’un quart de la population active, la colère franchit un degré supplémentaire avec la multiplication des expulsions. Selon la plateforme des Victimes des Hypothèques, on en compte 46.559 au premier trimestre 2012, soit 517 par jour. Récemment, plusieurs suicides, dont celui d’une propriétaire endettée de 53 ans ont suscité l’émoi de la population.

L’Italie: Etouffée par le contrôle de l’Etat

En Italie, un arrêt de travail de quatre heures était observé ce mercredi. Un policier a été grièvement blessé à Turin et cinq autres plus légèrement à Milan dans des heurts en marge des manifestations organisées dans cent villes italiennes.

Avec l’arrivée de Mario Monti au pouvoir en novembre 2011, les sacrifices se sont multipliés pour les Italiens. Le président du conseil a notamment diminué de 10% le nombre des fonctionnaires, relevé l’âge de départ à la retraite et assoupli les règles de licenciement. Au mois d’octobre, des milliers de jeunes sont descendus dans la rue pour le «No Monti day».

Le Portugal: Résigné face à un chômage record

A Lisbonne, un cortège de plusieurs centaines de manifestants se déplaçait ce mercredi après-midi aux cris de «dehors la misère, la faim et le FMI!». Mais, malgré l’appel à la grève générale, les Portugais semblent usés par une succession de mesures d’austérité.

Alors que le pays a négocié l'an dernier un plan de sauvetage de 78 milliards d'euros, le chômage atteint un nouveau taux record de 15,8% au troisième trimestre 2012. Un niveau qui dépasse les prévisions du gouvernement et de ses créanciers internationaux.

La Grèce: Toujours sur le fil

La manifestation à Athènes, qui a réuni 5.000 personnes, s'est déroulée dans le calme et s'est achevée devant le Parlement, théâtre des manifestations massives depuis 2010. En Grèce, les syndicats du public et du privé ont demandé trois heures d'arrêt de travail en solidarité au mouvement en Espagne et au Portugal.

Le parlement grec a adopté début novembre le troisième plan d’austérité prévoyant 13,5 milliards d’euros d’économies, demandé par l’Europe et le FMI, en contrepartie de leur aide.

Des manifestations devaient avoir lieu dans le reste de l’Europe: certains pays de l'Est, l’Allemagne, l’Autriche et les Pays-Bas, notamment.