Les internes des hôpitaux et les chirurgiens des cliniques poursuivent la grève

SANTE Les praticiens hospitaliers ont en revanche décidé de suspendre leur mouvement...

E.O., avec Sipa

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Des médecins et internes ont manifesté, le 12 novembre 2012 à Paris.
Des médecins et internes ont manifesté, le 12 novembre 2012 à Paris. — Remy de la Mauviniere/AP/SIPA

Mécontents de leur rencontre avec le cabinet de la ministre de la Santé Marsiol Touraine, lundi soir, les internes ont décidé de poursuivre leur grève illimitée, et d'appeler dans les prochains jours à une nouvelle journée de mobilisation. Les praticiens hospitaliers, en revanche, ont décidé de suspendre leur mouvement dans l'attente de propositions du ministère de la Santé concernant leurs revendications.

Le Bloc, qui représente les chirurgiens, les anesthésistes et les gynécologues-obstétriciens des cliniques privées, poursuit également son mouvement de grève illimitée entamé lundi, avec pour cible l'avenant à la convention médicale régulant les dépassements d'honoraires, la Fédération des médecins de France (FMF) aussi. Les deux syndicats ont par ailleurs maintenu leur appel à manifester, mercredi en début d'après-midi, devant le ministère de la Santé à Paris.

«On va durcir la grève»

Les engagements de Marisol Touraine n'ont pas convaincu les internes. «Malgré une manifestation nationale de 4.000 à 5.000 internes à Paris» (1.700 selon la police), «la ministre n'a pas daigné nous recevoir elle-même», a déclaré ce mardi à Sipa Emanuel Loeb, président de l'Intersyndicat national des internes des hôpitaux.

«Ce qui nous a été proposé ne nous convient pas. Nous considérons toujours que permettre aux mutuelles de rembourser différemment les patients en fonction du médecin qu'ils choisissent nuit à la liberté d'accès aux soins», a-t-il ajouté.

«Nous restons mobilisés. On va durcir la grève et on va appeler à une nouvelle mobilisation dont nous allons définir la date très vite», a-t-il précisé.

Opposition à une proposition de loi socialiste

Lundi, les internes ont manifesté à Paris dans le cadre de leur première journée de grève. Ils protestent contre le non-respect du repos de sécurité à l'hôpital (11h après une garde de 24 heures) et l'impossibilité qu'ils ont de peser sur les négociations de la convention médicale. Ils craignent une remise en cause de la liberté d'installation dans le cadre de la lutte contre les déserts médicaux.

Ils s'opposent aussi vigoureusement à une proposition de loi socialiste qui doit officialiser les réseaux de soins des mutuelles.

Déposée le 16 octobre par le président du groupe socialiste et député de Seine-Saint-Denis, Bruno Le Roux, cette proposition de loi devait être discutée fin novembre par l'Assemblée nationale. Elle vise à mieux rembourser les adhérents qui recourent à des professionnels, établissements ou services de santé qui sont membres de réseaux constitués par les mutuelles. Une pratique courante pour l'optique et le dentaire chez les assureurs privés.