Le Vatican s'engage à lutter contre le mariage des homosexuels

POLITIQUE Le porte-parole du Vatican s'interroge sur les «exemples préoccupants» aux Etats-Unis et en Europe...

B.D. avec Reuters
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Célébration d'un mariage homosexuel à San Francisco, le 25 mars 1996.
Célébration d'un mariage homosexuel à San Francisco, le 25 mars 1996. — GROPP/SIPA

Le Vatican, réagissant aux avancées  récentes des défenseurs du droit au mariage des homosexuels, s'est  engagé samedi à ne jamais cesser de défendre le mariage «spécifique»  entre un homme et une femme, présenté comme «une conquête de la  civilisation».

Cette semaine, les électeurs américains du Maryland,  du Maine et de l'Etat de Washington ont légalisé par référendum le droit  au mariage des homosexuels, désormais reconnu dans six Etats du pays  ainsi que dans le district fédéral de Columbia. 

En Europe, le  gouvernement français de Jean-Marc Ayrault a adopté mercredi son projet  de loi sur le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, tandis  que la Cour constitutionnelle espagnole rejetait un recours contestant  la législation existante qui parle de conjoint A et B, excluant toute  référence à la femme et l'homme.

Des «exemples préoccupants»

«Il est donc évident que dans les  pays occidentaux, il y a une tendance répandue à modifier la vision  classique du mariage entre un homme et une femme, ou plutôt à tenter de  l'abandonner, supprimant sa reconnaissance légale spécifique et  privilégiée par rapport à d'autres formes d'unions», a déclaré le père  Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, dans son éditorial  hebdomadaire repris par Radio Vatican.

Dans cette prise de position,  diffusée dans une trentaine de langues, le père Lombardi s'interroge sur  ces «exemples préoccupants» aux Etats-Unis et en Europe: «Est-ce que  cela correspond vraiment au ressenti de la population, parce qu'on n'en  distingue pas bien la logique dans une vision, à long terme, de bien  commun?»

«La  question est d'admettre qu'un mari et une épouse soient reconnus  publiquement comme tels, et que les enfants qui viennent au monde  puissent savoir et dire qu'ils ont un père et une mère», poursuit-il,  afin de préserver une vision de la personne et des relations humaines où« il y a une reconnaissance publique que le mariage monogame entre un  homme et une femme est une conquête de la civilisation».

«Une idéologie fondée sur le politiquement correct qui  envahit toutes les cultures du monde»

«Sinon,  pourquoi ne pas également envisager une polygamie librement choisie, et  bien sûr, pour ne pas discriminer, une polyandrie?», poursuit-il. Dans l'enseignement de l'Eglise catholique, l'homosexualité n'est pas un péché, mais les actes homosexuels le sont. L'Eglise  juge également que les droits des homosexuels doivent être garantis  mais que leur union ne doit pas être reconnue comme égale au mariage des  couples hétérosexuels et qu'ils ne doivent pas être autorisés à adopter  des enfants.

Vendredi déjà, le quotidien du Vatican, L'Osservatore  Romano, avait abordé cette question en appelant l'Eglise à être «les  sentinelles de la liberté religieuse» opposée au droit au mariage pour  les homosexuels, «une idéologie fondée sur le politiquement correct qui  envahit toutes les cultures du monde». 

Le journal demandait à la  France un délai supplémentaire de réflexion et de débat «avant  d'accomplir cette révolution anthropologique, dont les conséquences ne  sont pas quantifiables».