L'aîné de Mohamed Merah désigne son frère Kader comme un «endoctrineur»

REVELATIONS Le frère de Mohamed Merah dénonce le rôle de sa famille dans un livre à paraître...

Sipa

— 

Photo montrant Mohamed Merah, l'auteur présumé des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012.
Photo montrant Mohamed Merah, l'auteur présumé des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012. — SIPA

L'un des frères de Mohamed Merah dénonce vendredi dans un entretien à Libération le «rôle» que sa famille a joué dans «la dérive islamiste» de son frère qui a revendiqué l'assassinat de sept personnes en mars 2012, dont trois enfants d'une école juive de Toulouse.

«Je veux dénoncer la haine dans laquelle on a été élevés, la haine que les amis salafistes de mes frères leur ont transmis, dénoncer l'innommable que mon frère a commis», explique Abdelghani Merah dans son premier entretien depuis la mort de son frère le 22 mars lors de l'assaut de son appartement par le RAID. «Je suis le frère du tueur, mais je suis solidaire de ses victimes», explique cet homme qui publie la semaine prochaine, Mon frère, ce terroriste.

«La guerre aux Français»

Abdelghani Merah décrit son frère cadet Abdelkader, mis en examen pour «complicité d'assassinats» dans les crimes de Toulouse et Montauban, comme un «endoctrineur» qui «encourageait Mohamed en lui fournissant des textes et des vidéos pro-djihad. Le 11 septembre 2001, il a fait la fête». Ce frère affirmait que «les moudjahidine feront la guerre aux Français. Un jour, la France sera à nous», rapporte Abdelghani Merah.

Il accuse sa soeur Souad des mêmes dérives radicales. Un frère et une soeur, dit-il, qui se sont «rapprochés des salafistes toulousains». Il ajoute que sa soeur Souad lui a confié «plusieurs fois qu'elle était fière de Mohamed et des crimes qu'il avait commis. Qu'il avait eu le courage d'agir en moudjahidine, qu'il était dans la vérité. Qu'elle ne le pleurait pas avec tristesse, mais avec joie».

Abdelghani Merah veut se «remettre à vivre»

Souad et Abdelkader sont allés étudier dans un institut coranique du Caire en Égypte. Tous deux ont fréquenté la mouvance salafiste toulousaine sans toutefois déployer d'activité radicale, selon les services de renseignements.

«J'ai du mal à réaliser encore l'atrocité de ce qu'il a commis», dit-il à Libération estimant que son frère est «un monstre». Il souhaite quitter la ville de Toulouse où il réside avant d'essayer de se «remettre à vivre».

Le livre d'Abdelghani Merah, Mon frère, ce terroriste, co-écrit avec le journaliste Mohamed Sifaoui, paraît mercredi aux éditions Calman-Lévy.