La condamnation de Dati pour avoir diffamé les époux Halter confirmée

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La cour d'appel de Paris a confirmé jeudi la condamnation de l'ancienne garde des Sceaux Rachida Dati à 2.000 euros d'amende avec sursis pour avoir diffamé l'écrivain Marek Halter et son épouse Clara Halter, créatrice du Mur pour la Paix installé sur le Champ-de-Mars à Paris, selon leur avocat.
La cour d'appel de Paris a confirmé jeudi la condamnation de l'ancienne garde des Sceaux Rachida Dati à 2.000 euros d'amende avec sursis pour avoir diffamé l'écrivain Marek Halter et son épouse Clara Halter, créatrice du Mur pour la Paix installé sur le Champ-de-Mars à Paris, selon leur avocat. — Lionel Bonaventure afp.com

La cour d'appel de Paris a confirmé ce jeudi la condamnation de l'ancienne garde des Sceaux Rachida Dati à 2.000 euros d'amende avec sursis pour avoir diffamé l'écrivain Marek Halter et son épouse Clara Halter, créatrice du Mur pour la Paix installé sur le Champ-de-Mars à Paris, selon leur avocat.

La cour a confirmé le jugement du tribunal correctionnel de Paris du 22 novembre 2011, qui condamnait également la maire du VIIe arrondissement de paris à verser au couple 4.000 euros de dommages et intérêts. Elle devra en outre leur verser 4.000 euros au titre des frais de justice, et faire état de sa condamnation dans la presse. Dans une pétition sur le site de sa mairie, Rachida Dati invitait ses administrés «à se mobiliser pour obtenir le démontage immédiat du Mur pour la Paix», qui «obstrue la perspective classée de l'Ecole militaire à la Tour Eiffel, en violation de la loi».

Clara et Marek Halter «se félicitent» de cette décision

Rachida Dati allait même plus loin, se disant «choquée par les méthodes et les déclarations mensongères de M. et Mme Halter, en vue d'obtenir la pérennisation de leur création sur le Champ-de-Mars (...), occultant systématiquement le caractère illégal de ce mur». Selon leur avocat Me Richard Malka, Clara et Marek Halter, «se félicitent» de la décision la cour d'appel, estimant qu'elle a sanctionné «un grave dérapage» et des «propos indignes d'une ancienne garde des Sceaux», qui s'était lancée dans «une croisade hystérique contre le mur de la paix».

Le conseil de Rachida Dati, Me Olivier Metzner, a quant à lui jugé «extrêmement curieux», car a-t-il affirmé, le tribunal administratif a jugé que le maintien de cette installation était «illégal», dans une décision intervenue il y a quelques mois. Il a indiqué qu'il attendrait d'avoir pu examiner l'arrêt pour se prononcer sur un éventuel pourvoi en cassation.

«C'est elle qui diffame et c'est nous qui payons»

Inauguré en mars 2000 sur le Champ-de-Mars, le Mur pour la Paix a été créé par Clara Halter et l'architecte Jean-Michel Wilmotte. Il compte douze panneaux de verre sur lesquels est inscrit le mot «paix» en 32 langues. Initialement installé pour trois mois, le monument est finalement demeuré à son emplacement d'origine. Selon les époux Halter, la dernière autorisation, d'une durée de trois ans, remonte à l'été 2010.

Soulignant que les dommages et intérêts avaient été payés par la mairie de Paris, Me Malka a relevé que «c'est elle qui diffame et c'est nous qui payons». Selon Me Metzner, cela s'explique par le fait que Rachida Dati s'exprimait en tant que maire d'arrondissement sur le site de sa mairie. «La mairie doit payer les illégalités des époux Halter», a-t-il estimé.