Meurtre de Claudy Elisor: Soupçonné d'avoir fui au Sénégal, Alassane D. était en fait en France depuis six mois

JUSTICE Alors qu'il était sous le coup d'un mandat d'arrêt, il disposait d'un téléphone portable et d'une carte bancaire à son nom, selon l'avocat de la veuve du DJ passé à tabac au Blanc-Mesnil...

William Molinié

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Salle à louer Château d'Egypte au Blanc-Mesnil (Seine Saint-Denis), devant laquelle Claudy Elisor a été tué la nuit du 31 décembre 2010.
Salle à louer Château d'Egypte au Blanc-Mesnil (Seine Saint-Denis), devant laquelle Claudy Elisor a été tué la nuit du 31 décembre 2010. — A. GELEBART / 20 MINUTES

«J’espère qu’il va dénoncer d’autres participants à la bagarre», a déclaré à 20 Minutes, jeudi, Fabienne, la veuve de Claudy Elisor, un DJ amateur tabassé à mort par un groupe de jeunes au soir du 31 décembre 2010 lors d’une fête au Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis. La mise en examen jeudi pour «homicide volontaire» d’Alassane D., 27 ans, a mis fin au désespoir de la famille de la victime.

Seuls deux individus inquiétés dans ce dossier

«On nous a dit qu’il était planqué au Sénégal», explique Me Bernard Benaiem, l’avocat de la famille. Pourtant, selon les éléments de l’interpellation, cela faisait plus de six mois qu’il était déjà en France. Et depuis deux mois, il résidait chez sa mère au Blanc-Mesnil. «On ne sait pas comment il a fait pour rentrer en France. Mais il disposait d’une carte bancaire et d’un portable à son nom. Pourquoi a-t-on mis tant de temps à l’attraper alors qu’il était facilement logeable?» insiste Me Benaiem, assurant qu’il allait demander des «explications au juge».

Alassane D. avait été au début de l’affaire entendu comme témoin assisté. Puis il s’était évaporé dans la nature avant qu’un mandat d’arrêt ne soit délivré contre lui le 14 avril 2011, après que certains témoins l’ont reconnu comme «l’auteur des coups mortels». «On espère toujours que ses auditions à venir permettront d’identifier les autres», poursuit l’avocat. En tout, une dizaine d’individus sont soupçonnés d’avoir participé au passage à tabac. Mais seules deux personnes sont aujourd’hui mises en examen dans le dossier. «Je ne serai pas satisfait s’il n’y a que deux personnes renvoyées devant les assises. Je veux l’ensemble des protagonistes», ajoute Me Benaiem.

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