Perturbations à la SNCF: «On n'arrête pas un train comme on arrête un vélo»

TRANSPORT En descendant sur les rails, mercredi soir, des usagers ont occasionné le blocage de quelque 50.000 voyageurs...

Mathieu Gruel avec agences

— 

Traverser en pleine voies peut coûter jusqu'à six mois de prison
Traverser en pleine voies peut coûter jusqu'à six mois de prison — A.GELEBART/20MINUTES

«Ne descendez pas sur les voies à moins d'y avoir été autorisé». La formule est bien connue. Mais que se passe-t-il lorsque des passagers quittent leur rame? Et se retrouvent à arpenter les voies de chemin de fer. D’abord, un gros chaos. Selon la SNCF, ce type d’agissement serait en effet à l’origine de la grosse perturbation survenue pendant la nuit de mercredi à jeudi sur le réseau Transilien, dans le nord de l'Ile-de-France.

>>Pour lire des témoignages d'usagers, c'est par ici

«Après un incident caténaire sur la ligne du RER B, un certain nombre de passagers sont descendus sur les voies, ce qui a paralysé l'ensemble du trafic pendant une heure entre 21 et 22 heures», expliquait en effet un porte-parole de la SNCF.

Pourquoi? Parce que tirer le signal d’alarme et descendre sur la voie génère «une alerte radio». Et que ce message entraîne une interruption totale de la circulation de tous les trains présents sur la zone. Une règle drastique, pour permettre de ne pas aggraver une situation déjà délicate.

Entendre la voix des usagers

Pour Willy Colin, de l’association des Utilisateurs (Avuc), cette explication ne serait pourtant qu’«une communication de la SNCF, qui consiste à mettre l'accent sur le fait que les usagers sont descendus sur les voies». Pour lui, «il faut s'intéresser au problème de départ: un défaut de maintenance des installations électriques».

L’Avuc, qui condamne par ailleurs l’agression dont ont été victimes deux chauffeurs durant la soirée, pointe surtout «un problème structurel de défaut de maintenance des installations. Ce sont des questions de moyens matériels», a estimé le porte-parole de l'Avuc, qui compte 150 adhérents et plusieurs milliers de sympathisants.

«Certes, il s’agissait d’une petite panne, qui a été réparée rapidement. Mais quand on tire le signal d’alarme, c’est peut-être lié à une crainte, ou à un manque d’info. Il faut entendre la voix des usagers», a-t-il expliqué à 20 Minutes.

«On risque la mort»

Reste que, du côté de la SNCF, le message est clair: «Il ne faut pas le faire!». Un message relayé par le ministre des Transports Frédéric Cuvillier, qui «appelle chacun à faire preuve de responsabilité, et rappelle que les usagers se mettent en danger en descendant sur les voies». Même quand l’attente se prolonge parfois plusieurs heures, il faut donc rester dans la rame.

«Ce que l’on risque en faisant cela, c’est la mort». A cause d'un arc électrique, ou tout simplement en se faisant faucher, car «on arrête pas un train comme un vélo», explique-t-on du côté de la SNCF. «Chaque année, une centaine de personnes sont ainsi grièvement blessés ou tuées, sur l’ensemble du territoire».

Six mois de prison

Pour la RATP, l’interdiction de descendre sur les rails est la même. Car marcher sur des lignes de métro alimentées électriquement ne se fait pas sans risque d’électrocution.

Et puis, outre le danger que cela représente, et la gêne occasionnée pour l’ensemble des usagers du réseau, de tels agissements sont également punis d’une amende de 45 euros s’ils sont commis dans une gare. En pleine voie, de tels actes deviennent même un délit, et peuvent valoir jusqu’à six mois de prison.