SNCF: «Trois heures et trois moyens de transport pour rentrer chez moi»

TÉMOIGNAGES ssia et Fabrice sont restés bloqués dans les transports parisiens mercredi soir...

Témoignages édités par Christine Laemmel

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Philippe, internaute de «20Minutes»

Le réseau francilien de la SNCF a été lourdement perturbé mercredi soir. Plusieurs milliers d’usagers ont vu leurs trains retardés, décalés voire annulés. Alors que le trafic a repris normalement ce jeudi, Assia et Fabrice, internautes de 20 Minutes, nous ont écrit pour nous raconter leur soirée. Assia a tenté de rejoindre la gare d’Aulnay-Sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, en RER B. C’est finalement un proche qui a dû la récupérer en centre-ville de Drancy. Fabrice, habitué du Noctilien en direction de Corbeil-Essonnes, en Essonne, revient lui sur son trajet de bus «apocalyptique», assailli par les usagers de la SNCF.

>> Vous faites partie des voyageurs bloqués mercredi soir? Racontez-nous votre soirée dans les commentaires ou écrivez-nous à reporter-mobile@20minutes.fr

Le témoignage d’Assia: «Lassée de l'attente, je suis descendue du RER»

«Partie de la gare de Châtelet-les-Halles à 19h20 pour rallier Aulnay sous Bois (ligne RER B), je suis finalement arrivée chez moi à 22h20. Malgré de multiples arrêts entre les gares, parfois des stationnements de quinze-vingt minutes en gare, mon train a fini par arriver à Drancy. Il ne me restait que deux arrêts avant d'arriver à la gare d'Aulnay. Stationnement de trente minutes à quai et à 20h45 passées, le conducteur nous annonce que le train restera encore à quai pendant au moins une heure, en raison de personnes qui ont jugé bon de parcourir le chemin restant en marchant sur les voies.

Des agents SNCF essayaient de calmer les usagers

Lassée de l'attente, je suis descendue du RER. J'ai vu plusieurs personnes pressées près de la cabine du conducteur, des usagers énervés, tandis que les agents de la SNCF essayaient de les calmer. Je n'avais plus de temps à perdre, j'avais juste envie de rentrer, donc je suis sortie de la gare pour essayer de prendre un bus et rejoindre la gare d'Aulnay. Mais plus d'une centaine de personnes ont eu la même idée que moi et nous nous sommes tous retrouvés à poireauter dans le froid devant la gare.

J’ai pris un bus sans savoir où j’allais

Je ne connaissais pas cette gare, j'ai donc pris un bus sans savoir exactement où j'allais. Je savais que cela me mènerait au centre-ville et qu'ensuite il m'aurait suffi de prendre une autre ligne pour rejoindre Aulnay. Une fois arrivée dans le centre, dix minutes plus tard, je constate avec désespoir que le dernier bus pour rejoindre la gare d'Aulnay est déjà passé depuis vingt minutes. J'ai donc appelé un de mes proches pour qu'il vienne me chercher en voiture.»
 

 

Témoignage de Laura: «Je suis extrêmement déçue par le manque de communication»

«Je monte dans le RER B à Massy-Palaisau, direction La Courneuve. Tout allait bien jusqu’à ce que le train s’arrête entre gare du nord et le stade de France. Le conducteur, très agréable du début à la fin, nous annonce un malaise de voyageur dans le train nous devançant. Dix minutes après, des voyageurs de ce train marchent sur les rails. Plus tard, un problème technique est annoncé par le conducteur. Des voyageurs de notre train descendent à leur tour. Là on voit une nouvelle vague de personnes sur les rails. Ils viennent du train stationné derrière nous, puis du train qui est derrière le train derrière nous.

Le conducteur s’est fait insulté pendant cinq minutes

A ce moment, le conducteur tente de passer pour remettre les alarmes en mode "off" et fermer les portes. Il veut nous faire repartir. Et nous explique que des trains continuent à circuler et qu’il est donc dangereux de descendre. Quelques wagons plus loin, des personnes l’insultent accusant le manque de communication et les mensonges que ça engendrait selon eux. Ça a duré cinq bonnes minutes. Des coups lui auraient été portés, d’après ses dires et des échos de voyageurs. Lorsqu’il est venu nous parler, il semblait quelque peu énervé et déçu. Plus tard, on avance, enfin, au pas. Arrivé au stade de France (à 00h47 environ), le conducteur annonce que pour aller aux terminus, des bus ont été mis en place, le terminus des trains se faisant à Aulnay-Sous-Bois. C’est finalement ma mère qui est venue me chercher, je suis arrivée à La Courneuve-Aubervilliers à 00h55.é

Être resté prisonnière n’est pas un motif de dédommagement

 Je viens d'appeler le numéro d'information SNCF, qui vient de m'annoncer que les dédommagements avaient eu lieu hier directement alors que je n’ai vu personne à la gare… Pour être remboursé, je dois envoyer un courrier explicatif, une photocopie de Pass Navigo et des justificatifs appuyant la demande de remboursement. Le simple motif d'être restée "prisonnière" de leur problème et d'avoir "obéis" à leur règle (et donc de ne pas être descendu sur les voies) ne semble pas être un motif suffisant pour un quelconque dédommagement. Il y avait des enfants, des parents, et des personnes âgées dans mon wagon. Sans eau, nourriture, et sans toilettes. A presque 100 euros par mois pour mon Pass Navigo, je suis extrêmement déçue de l'attitude, du manque de communication et du non-respect des personnes travaillant ce soir-là.»

 

Le témoignage de Fabrice: «Ambiance fin du monde à mon arrêt de bus de nuit»

«Je suis une victime collatérale des blocages. Pour rentrer de mon travail, je prends chaque soir le Noctilien N144 de 1h35 à Gare de Lyon. Sauf que je ne savais pas que tout le réseau ferré parisien était fortement perturbé. Lorsque je suis arrivé à l'arrêt de bus, habituellement désert à cette heure-ci, près de 150 personnes attendaient l'arrivée de mon N144 qui contient 80 places.

Les chauffeurs ont appelé la police pour évacuer le bus

Les gens commençaient à se battre pour rentrer, s'énervaient. Ambiance fin du monde post-apocalyptique. Des bêtes féroces se disputant une denrée rare. L'entrée du bus ayant échappé à tout contrôle du duo de chauffeurs, le véhicule s'est retrouvé en surcharge dangereuse. Ceux-ci ont donc été contraints d'appeler la police pour demander de l'aide afin d'évacuer quelques personnes. Et pour effectuer en toute sécurité le long trajet (1h30) qui nous séparait de Corbeil-Essonnes Gare, le terminus de la ligne.

Le bus est parti, sans moi

Les forces de l'ordre sont arrivées au bout de vingt minutes. Ces derniers ont blâmé les chauffeurs en leur disant qu'ils auraient pu être plus conciliants avec les usagés de la SNCF déjà bien agacés par la situation. Le monde à l’envers. Dix personnes sont malgré tout descendues. Le bus est parti, sans moi, j'ai cédé ma place pour qu'il puisse partir vu que personne ne se décidait. Le prochain bus est arrivé 1h40 plus tard.»