Un président déjà exposéà la pression populaire

alexandra bogaert

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Xi Jinping, le futur président.
Xi Jinping, le futur président. — CHINA DAILY / REUTERS

Après les Etats-Unis, c'est à la Chine de nommer son nouvel homme fort. Le 18e congrès du Parti communiste chinois, qui s'ouvre ce jeudi jusqu'au 15 novembre à Pékin, doit désigner Xi Jinping, fils d'un proche de Mao et pur produit du sérail, pour succéder à Hu Jintao au poste de secrétaire général du PCC. En mars, l'Assemblée nationale le reconnaîtra comme président de la République pour cinq ans.

« L'ennemi, c'est le peuple »
Cet aristocrate rouge de 59 ans va-t-il améliorer la vie de 1,3 milliard de Chinois, dont 450 millions de pauvres ? « Xi, comme tout bon politicien chinois, n'a pas dit ce qu'il allait faire, explique depuis Pékin Jean-Philippe Béja, sinologue. Mais il y a des pressions fortes de la société et même de l'intelligentsia pour exiger l'instauration d'un dialogue avec les mécontents. Car le sentiment de l'urgence se répand dans tous les milieux. » La défiance des classes ouvrières et moyennes, en ville comme à la campagne, croît à mesure que leur pouvoir d'achat baisse et que les affaires de corruption des leaders éclatent. Des manifestations ont lieu tous les jours, relayées par les réseaux sociaux. Et la répression atteint « un degré maximal », selon Marie Holzman, présidente de l'Association solidarité Chine : « Pour le pouvoir, le peuple est l'ennemi. Désormais, les gens n'ont plus peur d'aller en prison pour avoir dit ce qu'ils pensent. Si le pouvoir ne fait pas de concessions, il va s'exposer à de fortes agitations sociales. »
Pour Jean-Luc Domenach, auteur de Mao, sa cour et ses complots (Fayard), « Xi Jinping va se retrouver confronté à deux évolutions inévitables », qui vont le contraindre à accorder plus de libertés à ses citoyens. L'économie d'exportation, qui s'essouffle, va céder la place à une économie de consommation, qui implique d'« innover et de laisser les consommateurs libres de choisir leurs achats. Ce qui suppose de leur laisser une certaine liberté. » Une révolution en soi, qui se fera à petits pas dans ce régime autoritaire.