« C'est en ne disant pas les choses que l'on va cliver »

Propos recueillis par Anne-Laëtita Béraud et Alexandre Sulzer

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Jean-François Copé, au siège de l'UMP, à Paris, mardi.
Jean-François Copé, au siège de l'UMP, à Paris, mardi. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Candidat à la présidence de l'UMP, Jean-François Copé se confie à 20 Minutes. Son rival François Fillon a décliné une interview « pour des raisons d'agenda ».

La campagne est longue. Trop ?
Pour les médias peut-être, mais pas pour les militants qui sont incroyablement investis dans cette campagne. C'est à eux que revient la reconstruction de la droite et du centre-droit. C'est une énorme responsabilité.
Craignez-vous des fraudes

lors de l'élection ?
Disons que la confiance n'exclut pas le contrôle. Dans chaque bureau, il y aura deux assesseurs de notre camp. Je serai extrêmement attentif à ce qu'il n'y ait pas de fraude du côté de ceux qui soutiennent mon concurrent. J'imagine qu'ils seront tout aussi attentifs en ce qui me concerne…
Fillon a bénéficié de plus

de parrainages que vous.

Cela vous décourage-t-il ?
C'était du bluff. Au final, tout le monde s'accorde à dire que j'ai eu plus de parrainages que lui.
Il aurait donc menti ?
Non. Disons qu'il est incontestablement meilleur joueur de poker que moi.
Mais il a reçu plus de soutiens parlementaires…
Non. Entre 85 et 90 députés m'ont apporté leur soutien. Je crois que pour François Fillon, cela doit être une dizaine de moins. Mais il a plus de sénateurs que moi. Ce n'est un secret pour personne que je suis plus le candidat des militants que celui des barons.
Jean Sarkozy vous soutient. Nicolas Sarkozy s'exprime-t-il à travers lui ?
Je suis très heureux que Jean Sarkozy me soutienne. Il est une personnalité qui compte dans les Hauts-de-Seine, il sait le travail que j'ai accompli pendant la présidentielle.
Fillon vous accuse de « cliver »

la société…
C'est un argument de campagne. La vérité, c'est que personne ne m'empêchera d'exprimer ce que, en tant qu'élu de terrain, en tant que maire de Meaux, les Français me confient de leurs souffrances, de leurs indignations et de leurs espérances. Ma démarche est un antidote à la montée du FN. Je pense que c'est en ne disant pas les choses que l'on va cliver la société. On va accroître la césure entre Saint-Germain-des-Prés et le peuple français.
Vous souhaitez organiser

des manifestations contre le gouvernement. A quelle occasion ?
Sur chaque sujet majeur qui pourrait mettre en cause l'intérêt supérieur de notre nation. Ce qui est sûr, c'est que l'appel à manifester est au cœur du projet de droite décomplexée que je porte. C'est un point de différence avec François Fillon qui résume assez bien ce qui nous distingue. Car pour moi, si on ne fait pas d'alliance avec le FN, on ne tend pas la deuxième joue en évitant de parler des problèmes qui touchent les Français.
Fillon aurait-il donc tendance

à tendre la deuxième joue ?
En tous les cas, ce n'est pas un hasard si les thèmes de cette campagne portait sur mes propositions. Lutte contre le communautarisme, laïcité, racisme anti-Blanc, droite décomplexée, question du « ni-ni » en cas de duel FN-PS : des sujets qui marquent une vraie différence entre nous.
Quel sera votre premier geste

si vous êtes élu président de l'UMP ?
Je tends la main à François Fillon en lui proposant tout de suite de rassembler notre famille autour du projet de reconquérir le cœur des Français.