Mariage homosexuel: «300 communes refusent de célébrer de telles unions»

INTERVIEW Entretien avec Franck Meyer, porte-parole du Collectif des maires pour l'enfance...

Propos recueillis par Vincent Vantighem

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Franck Meyer, maire de Sotteville-sous-leVal (Seine-Maritime).
Franck Meyer, maire de Sotteville-sous-leVal (Seine-Maritime). — DR

Il y a ceux qui veulent aller plus vite que la marche nuptiale. Comme la maire d'Hantay (Nord) qui célébrera, dès samedi, un mariage entre deux femmes alors que le projet de loi ne sera pas examiné par l'Assemblée avant 2013. Et ceux qui freinent des quatre fers à l'image de Franck Meyer. Maire (NC) de Sotteville-sous-le-Val (Seine-Maritime), il a créé le Collectif des maires pour l'enfance.

Pourquoi avez-vous lancé un appel contre le mariage pour tous?
Parce que les maires n'ont pas été consultés. Et pourtant, nous sommes les premiers impliqués. D'abord, nous marions. Ensuite, nous connaissons bien les fragilités des familles et le besoin de repères des enfants. Nous avons donc invité les maires à prendre la parole qu'on ne leur avait pas donnée.

Combien d'élus ont répondu à votre appel jusqu'à présent?
Sur 155 000 maires et adjoints, nous avons recueilli 16.000 réponses favorables à notre appel en une dizaine de jours. Il y a un peu plus de mille élus de gauche. Des maires de droite et surtout des élus sans étiquette. Surtout, nous avons déjà recensé plus de 300 communes qui refusent de célébrer des unions entre personnes de même sexe. C'est-à-dire des villes dans lesquelles ni le maire ni ses adjoints ne sont d'accord avec le projet du gouvernement.

Quelles sont les principales raisons évoquées par les signataires?
Mariage et filiation sont liés. Pendant la cérémonie, le maire remet un livret de famille aux mariés. Or, dans ce débat, l'enfant est oublié. On va créer un droit à l'enfant au détriment du droit des enfants d'avoir un père et une mère…

Que réclamez-vous en conséquence?
Le collectif appelle simplement à suspendre l'examen du projet de loi et à lancer sans tarder des états généraux sur le mariage et la famille. Notre mobilisation peut éviter des erreurs.