Nantes: Les jurés face à «l’horreur» du meurtre de Marina Lebeau

JUSTICE Enceinte de 8 mois, elle avait été tuée par le père de son enfant...

Guillaume Frouin

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Illustration au Palais de Justice de Nantes.
Illustration au Palais de Justice de Nantes. — FABRICE ELSNER / 20 MINUTES

La cour d’assises de Loire-Atlantique va se replonger, mardi à Nantes, dans la mort sordide de Marina Lebeau. Cette négociatrice immobilière de 29 ans avait été retrouvée lardée de trente-trois coups de couteau, en janvier 2010, dans son appartement de Saint-Nazaire. L’accusé n’est autre que son ex-compagnon, père de l’enfant qu’elle portait: la victime était en effet enceinte de huit mois.

Le couple, qui s’était rencontré un an plus tôt sur Internet, était alors en cours de séparation. Marina se sentait en effet «envahie et harcelée» par Yassine Khaloir, qui lui envoyait «des centaines de textos et de mails» et se présentait chez elle «à n’importe quelle heure du jour et de la nuit», selon Anne Bouillon, l’avocate de la mère et de la sœur de la jeune femme.

Il encourt la réclusion à perpétuité

Reste que leur relation demeurait «ambivalente». «Marina, qui a perdu son père à l’âge de 10 ans, ne voulait pas élever son fils seule», explique l’avocate des parties civiles. Des différends opposaient aussi les deux, autour du prénom à donner à l’enfant et de sa possible circoncision.

Au départ, l’enfant à venir était pourtant souhaité des deux côtés. Yassine Khaloir, un cuisinier de formation alors âgé de 24 ans, se disait même « très heureux de devenir père », a-t-il dit au cours de l’enquête. Mais il n’aurait pas supporté, au fil du temps « que Marina résiste à ses injonctions et que la situation lui échappe », pense Anne Bouillon. Jusque-là inconnu de la justice, il n’était ainsi, le jour du drame, ni sous l’emprise de l’alcool, ni des stupéfiants. « On est dans l’absurde, le non-sens et l’horreur absolue », convient l’avocate.

Jugé pour «homicide aggravé par la particulière vulnérabilité de la victime», Yassine Khaloir encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu vendredi.

Parallèle

Etrange parallèle: le frère aîné de Yassine Khaloir purge actuellement une peine de dix-huit ans de réclusion criminelle, pour avoir lui aussi donné vingt-deux coups de couteau à sa compagne. Elle s’en était sortie vivante en feignant d’être morte.