Crèches: Qui va garder les enfants?

CRÈCHES ace à la colère des parents, la ministre de la Famille va lancer une consultation citoyenne...

Vincent Vantighem

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Certains parents renoncent à leur travail pour s'occuper des nouveau-nés.
Certains parents renoncent à leur travail pour s'occuper des nouveau-nés. — F. DURAND / SIPA

Pour bien faire comprendre le problème, certaines mamans viendront peut-être avec leurs nouveau-nés. Une délégation du collectif Crèche qui se passe! sera reçue, ce lundi, au ministère de la Famille. Le 17 octobre, plusieurs mamans en colère avaient déjà installé des berceaux devant le ministère. «On voudrait savoir combien de places de crèches vont être créées, confie Elise Aubry, porte-parole du collectif. Notre action symbolise le désinvestissement de l'Etat. Nous n'avons aucun engagement de la ministre…»

La nouvelle convention de la CAF

Elise Aubry risque d'être déçue. Dominique Bertinotti, la ministre de la Famille ne pratique pas la «politique du chiffre», d'après l'un de ses conseillers. Face à la colère des parents, elle devrait annoncer le lancement d'une «consultation citoyenne». Selon nos informations, celle-ci devrait se dérouler de novembre à janvier dans quatre régions témoins (Nord-Pas-de-Calais, Bourgogne, Midi-Pyrénées et Pays de la Loire) et servir de préalable au vote du budget consacré à la petite enfance de la Caisse d'allocations familiales (CAF), prévu en mars. «On sait qu'il manque environ 350.000 places, s'impatiente Elise Aubry. Neuf bébés sur dix n'ont pas de places en crèche. Ce sont des moyens dont nous avons besoin.»

En galère, les parents ont de plus en plus recours à des solutions alternatives. A Marseille, la responsable d'une crèche illégale doit d'ailleurs être jugée ce lundi. D'autres parents renoncent à leur travail pour garder leurs nouveau-nés. Sans parler des nounous payées sans être déclarées.Après la condamnation d'une femme le 17 octobre à douze mois de prison avec sursis pour avoir ouvert une crèche illégale, le tribunal correctionnel de Marseille doit accueillir ce lundi un deuxième procès du genre. Cette fois, c'est dans un appartement de 140 m² qu'une sexagénaire a accueilli jusqu'à quatorze enfants. Placée en garde à vue le 23 juillet, la responsable n'avait pas d'agrément. Pourtant, selon son avocat, sa situation était bien connue. Dépendant du conseil général, la protection maternelle et infantile aurait même effectué plusieurs contrôles dans cette structure alternative. «Il y a eu un mouvement d'arrêt pour ces structures connues, pense Christophe Pinel. C'est un signal lancé pour tous ceux qui franchissent la ligne jaune. Mais les parents ont besoin de solutions, même illégales.» Quitte à prendre des risques.

«J'ai dû prendre un congé parental»

Sylvie, fonctionnaire dans un grand ministère et mère d'une petite Ombeline, âgée de six mois, raconte n'avoir pas trouvé de place en crèche à Paris. «J'ai été contrainte de prendre un congé parental. Je devais reprendre le travail en septembre. Finalement, ce sera en février.»