La mère de la petite Elise condamnée à deux ans de prison avec sursis

JUSTICE Elle était jugée pour «soustraction d'enfant par ascendant» et «complicité de violence aggravée»...

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Irina Belenkaïa, la mère de la petite Elise, arrive au tribunal de Tarascon, le 30 octobre 2012.
Irina Belenkaïa, la mère de la petite Elise, arrive au tribunal de Tarascon, le 30 octobre 2012. — AFP PHOTO / GERARD JULIEN

La mère de la petite Elise a été condamnée ce mardi à deux ans de prison avec sursis et 8.000 euros de dommages et intérêts par le tribunal correctionnel de Tarascon (Bouches-du-Rhône). Elle était accusée d'avoir enlevé à deux reprises l'enfant en 2007 et 2009 alors qu'elle était en conflit avec son ex-mari. Irina B. devra également rembourser 500 euros de frais de justice à son ex-mari.

Le parquet avait requis ce mardi trois ans de prison avec sursis, accompagné d'un suivi socio-judiciaire sur dix ans, contre la mère de la petite Elise, enlevée violemment à son père Jean-Michel par deux hommes en mars 2009 à Arles (Bouches-du-Rhône). Agée de 41 ans, Irina Belenkaïa comparaissait devant le tribunal correctionnel de Tarascon (Bouches-du-Rhône) pour «soustraction d'enfant par ascendant et complicité de violences aggravées». Elle était suspectée d'avoir kidnappé sa fille Elise par deux fois, en 2007 puis 2009.

Le procureur Christian Pasta a souhaité prononcer «une peine d'apaisement pour que l'on sorte de ce cercle interminable d'enlèvements». «On ne s'est pas soucié de parler d'Elise aujourd'hui», a-t-il déclaré, avant d'ajouter: «Si on aime tant Elise, on ne se retrouve pas dans une enceinte correctionnelle. Cette affaire est le dossier de l'enfance sacrifiée.»

Bonne foi

Au cours de son procès, Irina Belenkaïa a cherché à prouver sa bonne foi. A propos des faits de 2007, elle a expliqué avoir agi sous le coup de la peur. «Jean-Michel (...) m'a menacé de me retirer la garde d'Elise et de me forcer à lui verser une pension. Je n'avais pas l'intention de quitter la France pour toute ma vie», a-t-elle clamé. Sur les fait de mars 2009, la mère d'Elise a été beaucoup moins explicite, n'avouant pas avoir organisé l'enlèvement de la fillette. «Je n'avais pas l'intention de faire du mal» à son père, a-t-elle avancé.

A la barre, son ex-époux, qui s'est défendu sans avocat, a souligné avoir cherché en vain à trouver un terrain d'entente avec son ancienne femme. Quand Irina a fui à Moscou avec sa fille en 2007, «elle a refusé d'établir quelque contact que ce soit avec Elise», a-t-il affirmé. «Elle a refusé de présenter Elise, elle a refusé de donner ses coordonnées téléphoniques, elle a coupé court à la médiation», a-t-il ajouté.

Le 23 novembre 2007, alors que le juge des affaires familiales interdit aux parents d'Elise de lui faire quitter le territoire français, Irina Belenkaïa quitte l'Hexagone le lendemain pour rejoindre la Russie avec sa fille. Le père de l'enfant a alors porté plainte et récupéré Elise en septembre 2008. Quelques mois plus tard, le 20 mars 2009, Elise, âgée de trois ans et demi, est à nouveau enlevée, cette fois dans une rue d'Arles, sous les yeux de son père. Ce dernier est passé à tabac par deux hommes qui lui ont asséné plusieurs coups de poing et de matraque électrique.

Les auteurs directs des faits pas identifiés

Lors des faits, une femme portant une perruque a enlevé l'enfant. Pour le père d'Elise, il s'agissait de son épouse avec qui il était en instance de divorce. A la suite de cette agression, il avait obtenu une incapacité totale de travail de 15 jours. Aussitôt après, le plan enlèvement avait été activé en France. Irina Belenkaïa a finalement été interpellée en Hongrie, alors qu'elle s'apprêtait à passer la frontière avec l'Ukraine le 12 avril 2009. Placée en détention, elle a été extradée vers la France en mai 2009.

L'instruction a conclu que la mère de l'enfant était bien à l'origine de ce nouvel enlèvement. Deux hommes lui auraient proposé de l'aider à enlever Elise, ce qu'elle aurait accepté. Selon les éléments de l'enquête, Irina Belenkaïa aurait préparé le kidnapping en louant notamment par Internet le véhicule qui a servi au moment des faits et en réservant une chambre d'hôtel à Tarascon pour les deux hommes de main. En revanche, les auteurs directs des faits n'ont pu être ni identifiés, ni interpellés.

Irina Belenkaïa encourt, au titre de la «soustraction d'enfant par ascendant», une peine qui peut aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement ferme.