Deux condamnations pour le vol de quatre tableaux à Ajaccio

Avec Reuters

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Un gardien de nuit et un cafetier ont été condamnés vendredi à des peines de prison ferme par le tribunal correctionnel d'Ajaccio pour le vol de quatre tableaux au palais Fesch, le musée des beaux-arts de la ville, en février 2011.

Les oeuvres, un Nicolas Poussin et trois peintures italiennes, ont été retrouvées en bon état le 4 mai dernier sur un parking de la ville après un coup de téléphone anonyme. Antoine Mocellini, 46 ans, un employé affecté à la sécurité nocturne du musée des Beaux-Arts d'Ajaccio, a été condamné à cinq ans d'emprisonnement, dont un avec sursis, pour vol et tentative de vol de biens culturels. Il s'était lui-même rendu au commissariat d'Ajaccio le matin du vol pour avouer le forfait et était en détention depuis.

Christian Andarelli, qui comparaissait libre, a écopé quant à lui de quatre ans de prison, dont deux avec sursis, après avoir été reconnu coupable de complicité.

Zones d'ombre

Leur procès devant le tribunal correctionnel d'Ajaccio n'a pas permis de dissiper toutes les zones d'ombre de cette affaire rocambolesque. C'est sous les objectifs des caméras de vidéosurveillance du palais Fesch qu'Antoine Mocellini avait décroché quatre chefs d'oeuvre dans la nuit du 18 au 19 février 2011: Le roi Midas à la source du fleuve Pactole, une oeuvre de jeunesse de Nicolas Poussin, et trois retables italiens, une Pentecôte de Mariotto di Nardo, une Vierge à l'enfant de Giovanni Bellini et un autre Vierge à l'enfant dans une gloire de chérubins d'un anonyme ombrien du XVIe siècle.

Il avait également tenté de s'emparer sans succès d'un Primitif italien, et d'une oeuvre de Titien, L'Homme au gant dont le «frère jumeau» est au Louvre. Le gardien de nuit avait emporté les toiles dans sa voiture, qu'il avait garée ensuite sur les hauteurs d'Ajaccio avant de rejoindre le commissariat pour annoncer son forfait. En chemin, il avait passé 14 coups de téléphone à Christian Andarelli.

Rebondissements

Faisant face à des difficultés financières et en attente d'un logement, l'employé avait présenté son acte comme un appel au secours à l'adresse du maire d'Ajaccio, Simon Renucci. L'affaire avait connu un premier rebondissement quand les enquêteurs ont retrouvé le véhicule d'Antoine Mocellini, sur les indications de celui-ci, fracturé et vidé de son butin.

Après plusieurs mois d'instruction, une série d'interpellations a permis à l'automne 2011 de mettre en examen une connaissance du gardien, Christian Andarelli, qui avait été aperçu par un témoin plaçant des objets ressemblant à des tableaux dans le coffre d'une voiture le 19 février à l'aube. Le ministère public a reconnu dans ses réquisitions «la part de mystère dans les prémices et le dénouement» de cette affaire. «Je ne pense pas que les prévenus soient les cerveaux, ce sont les personnes qu'ils fréquentaient qui le sont sans doute, mais les faits sont là», a déclaré le procureur Guillaume Saint-Cricq.