Des «faux infirmiers» dans les blocs opératoires?

SANTE Certains hôpitaux et cliniques utilisent des «circulants» sans aucune compétence. Des plaintes ont été déposées par l'Ordre national des infirmiers...

Corentin Chauvel

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Photo d'illustration d'une intervention chirurgicale dans un bloc opératoire.
Photo d'illustration d'une intervention chirurgicale dans un bloc opératoire. — ANGERER/CARO FOTOS/SIPA

Y a-t-il du personnel non autorisé dans les blocs opératoires? Beaucoup plus qu’on ne le pense selon l’Ordre national des infirmiers (ONI) qui a déjà déposé cinq plaintes pour «exercice illégal de la profession d’infirmier» et «mise en danger d’autrui» depuis février 2011, rapporte Le Parisien ce vendredi.

L’ONI vise particulièrement les infirmiers circulants ou «panseurs» qui assistent notamment l’équipe chirurgicale en servant de relais entre les zones stériles et non stériles. Ils sont également chargés de prévoir, organiser, gérer et contrôler le matériel nécessaire à l’opération dont sa stérilisation. Ceux-ci seraient ainsi parfois remplacés par des aides-soignants voire des employés chargés de l’entretien, des brancardiers ou encore des secrétaires, ce qui est totalement illégal. 

«Ces cas ne sont que la face cachée de l’iceberg»

Les cinq plaintes concernent une vingtaine d’employés de cliniques privées mais aussi d’hôpitaux publics se trouvant dans cinq établissements de l’Ariège, la Seine-Maritime, le Haut-Rhin, la Meuse et le Tarn-et-Garonne, précise Le Parisien. Mais «ces cas ne sont que la face cachée de l’iceberg», selon un avocat de l’ONI interrogé par le quotidien. A ces accusations, l’Union des chirurgiens de France répond au Parisien qu’il s’agit d’un problème vieux et réglé depuis longtemps» et que ce «n’est pas le diplôme qui fait la compétence».

Ce problème, qui comporte de graves risques sanitaires, met surtout en lumière le manque d’effectifs dans les établissements hospitaliers, notamment dans le domaine des infirmiers de bloc opératoire qui ne sont que 6.000 en France pour 20.000 chirurgiens. Mais cela s’explique principalement par le manque d’attractivité de cette profession, 50% des places en centres de formation étant vacantes. L’absence de contrôle des autorités sanitaires est également montrée du doigt.