Racisme anti-blanc: Une «affaire symbolique» jugée à Paris

JUSTICE Un homme avait été agressé en 2010 à la gare du Nord par trois individus qui l'avaient traité de «sale blanc»...

William Molinié

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C'est une «banale» agression raciste qui est jugée dans un contexte de possible récupération politique. La 13e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris va étudier ce vendredi après-midi une affaire de racisme «anti-blanc», un mois après la parution du Manifeste pour une droite décomplexée de Jean-François Copé, candidat à la présidence de l'UMP, dans lequel il évoque l'existence d'un «racisme anti-Blanc» dans certains quartiers. Une expression qui avait fait polémique.

Un des trois agresseurs arrêté

Les faits remontent à septembre 2010. Arnaud attend tranquillement son train sur le quai de la gare du Nord. Soudain, sans raison apparente, trois individus d'une vingtaine d'années l'insultent de «sale Blanc» et de «sale Français». Ils l'agressent, le rouent de coups et utilisent des bouts de verre pour le balafrer au visage. Trente jours d'interruption temporaire de travail (ITT) sont prononcés.

Grâce à la vidéosurveillance, les policiers ont pu identifier et arrêter un des agresseurs. Les deux autres sont en fuite. «C'est rare d'avoir dans ce genre de dossier des preuves aussi fortes. Généralement, c'est parole contre parole. Or, ici, il y a la bande vidéo du quai qui montre l'agression et par ailleurs, des témoins ont entendu les insultes», explique Me Nadia Moutchou, l'avocate de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), qui se porte partie civile.

«Dans le contexte actuel, l'affaire est symbolique. Mais ça reste une affaire de racisme malheureusement banale. Je plaiderai sans pudeur», précise-t-elle. C'est la première fois que la Licra porte devant la justice un dossier de racisme «anti-blanc». L'individu, qui a nié les faits pendant sa garde à vue, encourt cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende. Contacté jeudi par 20 Minutes, son avocat n'était pas joignable.

Sémantique

Le terme de racisme «anti-blanc» n'existe pas dans le Code pénal et est puni de la même façon que les autres formes de racisme. La Licra rappelle que ce genre de dossiers est «très peu courant», par rapport à l'islamophobie ou la xénophobie.