Amiens: Le hacker de smartphones «n'a pas mesuré les conséquences»

JUSTICE Dylan, 20 ans, a expliqué qu'il n'avait «pas conscience des risques» qu'il prenait. «Les gens qui téléchargeaient les applications que j'ai copiées étaient dans l'illégalité», s'est-il justifié...

Bérénice Dubuc
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Illustration hacker.
Illustration hacker. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Il l’a fait «par défi et par jeu». L’appât du gain ne serait pas la motivation première du jeune hacker autodidacte interpellé mardi à Amiens (Somme), soupçonné d'avoir mis au point un virus ayant infecté 17.000 smartphones, causant aux opérateurs en téléphonie 500.000 euros de préjudice.

Dylan, 20 ans, a expliqué au Courrier picard qu’il «n'a pas mesuré les conséquences». «J'étais au lit, et j'ai eu cette idée. Je n'avais jamais travaillé sur Android. Je suis allé à mon PC, et je l'ai fait. Ça m'a pris une heure. J'avais appris le langage pendant une dizaine de jours», raconte-t-il au quotidien régional. Il ajoute être ensuite «passé à autre chose», en laissant le système tourner.

«Je n'avais pas conscience des risques»

Le jeune hacker a ainsi réussi à copier des applications déjà existantes dans des boutiques non officielles («blackmarket») pour Android, où il a pu dissimuler un virus informatique, surnommé «Fakemart». Lorsqu’une victime téléchargeait ces applications, des SMS étaient immédiatement envoyés à son insu à un numéro surtaxé. Le virus interceptait ensuite le code envoyé automatiquement par SMS pour jouer sur des sites en ligne. Le hacker récupérait ce code pour jouer sur des sites de «jeu à instant-gagnant» ou loteries en ligne, a expliqué à 20 Minutes une source policière.

Quand il a vu son histoire à la télévision et à la une des journaux, il a pris peur. «Je ne m'attendais pas à ça», a-t-il encore dit au Courier picard, se défendant d’être un délinquant: «Je ne jette même pas mes mégots par terre! Je n'avais pas conscience des risques: pour moi, les gens qui téléchargeaient les applications que j'ai copiées étaient dans l'illégalité. Elles sont payantes et ils les obtenaient gratuitement sur des sites illégaux.»

Preuve de sa bonne foi, il a expliqué aux policiers de l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC) comment contrer son virus. Mis en examen pour escroquerie et piratage, Dylan a été placé sous contrôle judiciaire et attend son procès, dont l’audience est prévue le 8 novembre devant le tribunal correctionnel d'Amiens.