Occupation de la mosquée de Poitiers: La gauche demande la dissolution de Génération identitaire

E.O., avec Reuters

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Des hommes devant la mosquée de Poitiers, occupée le samedi 20 octobre 2012 par des militants d'extrême droite.
Des hommes devant la mosquée de Poitiers, occupée le samedi 20 octobre 2012 par des militants d'extrême droite. — AFP PHOTO/ALAIN JOCARD

Le Parti socialiste, le PCF et Jean-Luc Mélenchon demandent la dissolution du mouvement d'extrême-droite Génération identitaire, après l'occupation ce samedi matin par une soixantaine de ses militants de la mosquée de Poitiers pour protester contre «l'islamisation de la France».

«Je demande la dissolution de ce groupuscule fanatique dont les agissements violents sont une menace pour l'ordre public, la sécurité des personnes et pour la cohésion républicaine», écrit dans un communiqué Harlem Désir, le premier secrétaire du PS. Même appel de la part du PCF, qui demande à ce que les responsables de Génération identitaire soient poursuivis pour incitation à la haine raciale.

Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche, a lui aussi demandé à ce que «les groupes impliqués soient dissous», et qu'«une enquête soit menée sur les éventuelles complicités».

Une «agression contre la République et ses valeurs

«Le Premier ministre condamne fermement cette provocation qui révèle une haine religieuse inacceptable», a-t-on par ailleurs indiqué à Matignon, où l'on évoque une «agression contre la République et ses valeurs». De son côté, Manuel Valls a dénoncé une provocation haineuse» et des «amalgames douteux».

Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé a également condamné la manifestation, estimant que «ces évènements montrent une fois de plus combien nous devons promouvoir la laïcité, qui est la liberté pour ceux qui sont croyants d’exercer leur culte dans le respect des autres religions et des lois de la République».

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a dit y voir le signe d'une «nouvelle forme de violence antimusulmane». «Cette occupation grave, sauvage et illégale, accompagnée de slogans hostiles à l'islam et aux musulmans, est sans précédent dans l'histoire de notre pays», écrit l'institution dans un communiqué. «Le CFCM exprime sa profonde inquiétude face à cette nouvelle forme de violence antimusulmane qui témoigne une fois de plus de la volonté de ces groupuscules de mettre en péril notre vivre ensemble.»

Le parquet de Poitiers a ouvert une enquête

Dans la matinée, les manifestants ont déployé sur le toit de l'édifice religieux, en chantier à Buxerolles (Vienne), une banderole portant la mention «732, génération identitaire», en référence à l'année 732 où Charles Martel a arrêté la progression des troupes musulmanes au nord de Poitiers.

Quatre manifestants ont été placés en garde à vue et le parquet de Poitiers a ouvert une enquête judiciaire pour manifestation non autorisée, incitation à la haine raciale, participation à un groupement en vue de la préparation de dégradation de biens et vol en réunion, vol et dégradation en réunion, a-t-on appris de source judiciaire.