Karachi: Hortefeux jugé pour intimidation et menace envers un avocat

avec AFP

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Les propositions avancées dimanche par le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, ont pour "ligne conductrice" le "matraquage des classes moyennes", a estimé mercredi sur RTL Brice Hortefeux, le vice-président du conseil national de l'UMP.
Les propositions avancées dimanche par le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, ont pour "ligne conductrice" le "matraquage des classes moyennes", a estimé mercredi sur RTL Brice Hortefeux, le vice-président du conseil national de l'UMP. — Lionel Bonaventure afp.com

Le tribunal correctionnel de Paris a tenté ce jeudi de déterminer si l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a ou non intimidé et menacé, dans Le Nouvel Observateur, l'avocat de familles de victimes de l'attentat de Karachi, Me Olivier Morice. Dans un article de l'hebdomadaire paru le 29 septembre 2011, l'ex-ministre déclarait que l'avocat «devait être fracassé». Mais par qui?

A l'époque, Brice Hortefeux avait dû s'expliquer devant la police sur ses conversations téléphoniques avec un ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi, qu'il avait prévenu du fait que sa femme Hélène «balançait beaucoup» aux enquêteurs.

Jugement le 22 novembre

Selon Le Nouvel Observateur, Brice Hortefeux s'était dit «écoeuré» par la «lâcheté des journalistes qui fracassent tous les amis de Sarkozy», alors que c'est Me Morice qui «devrait être fracassé». Devant le tribunal, l'avocat est revenu sur l'affaire Karachi, expliquant qu'il était apparu que Nicolas Sarkozy «était au coeur d'un système de corruption». Des propos qu'il avait déjà tenus en décembre 2009, face auxquels l'Elysée s'était inscrit «catégoriquement en faux».

Pour le journaliste qui a signé l'article incriminé, il y a méprise sur l'interprétation de la phrase. Selon Hervé Algalarondo, il allait «de soi» que c'est bien par les journalistes que Brice Hortefeux estimait que Me Morice «devrait être fracassé».

Il a expliqué qu'il n'avait «aucun doute» à ce sujet, mettant en avant «la parfaite symétrie» dans le propos. «J'ai peut-être commis une faute professionnelle en n'étant pas suffisamment précis, en ouvrant matière à exégèse», a-t-il dit. Face à la défense de Me Morice, qui l'accusait d'être «l'avocat» de Brice Hortefeux, d'essayer de le «protéger», le journaliste a rétorqué avoir écrit des «papiers vachards» à son endroit. Jugement le 22 novembre.