Affaire Karachi: Pour la première fois, un témoin cite le nom de Balladur

ENQUÊTE 'ancien Premier ministre aurait touché de l'argent des rétrocommissions pour sa campagne présidentielle de 1995...

avec AFP

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Pour la première fois un témoin interrogé dans l'enquête sur l'affaire Karachi a cité sur PV le nom d'Edouard Balladur comme destinataire de rétrocommissions liées à des contrats d'armement, a indiqué jeudi une source proche de l'enquête, confirmant une information de Paris Match.
Pour la première fois un témoin interrogé dans l'enquête sur l'affaire Karachi a cité sur PV le nom d'Edouard Balladur comme destinataire de rétrocommissions liées à des contrats d'armement, a indiqué jeudi une source proche de l'enquête, confirmant une information de Paris Match. — Mehdi Fedouach afp.com

Pour la première fois, un témoin interrogé dans l'enquête sur l'affaire Karachi a cité le nom de l'ancien Premier ministre Edouard Balladur comme destinataire de rétrocommissions liées à des contrats d'armement pour financer sa campagne présidentielle en 1995, a indiqué jeudi une source proche de l'enquête, confirmant une information de Paris-Match.

>> L'affaire Karachi expliquée en photos, c'est par ici

Proche de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, mis en examen dans ce dossier, avait ouvert, le 2 mai 1995, un compte et un coffre-fort en Suisse, à la banque Safdie, à Genève, selon l'hebdomadaire. «Thierry avait gardé de l'argent en Suisse sur ce compte et ce coffre pour Nicolas Bazire (ndlr, directeur de cabinet d'Edouard Balladur) et aussi pour Edouard Balladur. C'est ce que Thierry m'avait dit à l'époque, qu'il allait chercher en Suisse de l'argent de Bazire et de Balladur», a déclaré le 25 juillet aux enquêteurs Hélène de Yougoslavie, ex-épouse de Thierry Gaubert, selon un extrait de PV d'audition.

Une source proche de l'enquête a confirmé à l'AFP la teneur de ce PV.

«Une partie de l'argent était prévue pour Edouard Balladur»

Selon Hélène de Yougoslavie, «Nicolas Bazire et Edouard Balladur ne voulaient pas savoir les modalités pratiques mais simplement récupérer l'argent». «Une partie de l'argent était prévue pour Edouard Balladur. C'est Bazire qui récupérait l'argent de Balladur et était chargé de le lui remettre», a-t-elle ajouté.

Fin 2011, Hélène de Yougoslavie avait déjà accusé Thierry Gaubert et l'homme d'affaire franco-libanais Ziad Takieddine de se rendre en Suisse pour y récupérer des «sacs» d'argent liquide qu'ils remettaient à Nicolas Bazire, qui fut directeur de campagne d'Edouard Balladur, Premier ministre de 1993 à 1995.

«Allégations ridicules»

Interrogé par l'AFP, l'entourage d'Edouard Balladur a indiqué ne pas vouloir faire «de commentaire sur des allégations ridicules».

Chargés du volet financier de l'enquête sur l'attentat de Karachi (15 morts dont 11 salariés de la Direction des Constructions Navales, le 8 mai 2002 au Pakistan), les juges Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire travaillent sur l'hypothèse de commissions versées en marge de contrats d'armement, qui auraient donné lieu à des rétrocommissions pour financer la campagne d'Edouard Balladur en 1995.