Un gynéco accusé de viols

JUSTICE Le Dr Hazout assure que ses patientes étaient consentantes...

Vincent Vantighem

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Face aux enquêteurs, il a évoqué la possibilité d'être le géniteur des enfants de certaines de ses patientes. «Je comprends qu'elles se soient laissées entraîner par mon charme […] je ne pensais pas qu'elles m'idolâtraient à ce point.» Pour autant, le docteur parisien André Hazout conteste vigoureusement les accusations de «viols» et d'«agressions sexuelles» qui sont portées contre lui.

Ce jeudi, la cour d'appel de Paris doit rendre sa décision après avoir examiné le cas de ce gynécologue de renom. «Il conteste la décision du juge de le renvoyer devant les assises, détaille Claude Katz, avocat de plusieurs patientes. Il estime qu'elles étaient consentantes. Il a bénéficié d'une indulgence coupable…»

35 victimes se sont déclarées

Car si la première plainte date de 2005, les faits qui lui sont reprochés auraient en réalité débuté plus tôt. «On a reçu des lettres de doléances en 1985 et 1986, reconnaît Irène Kahn, présidente du Conseil de l'ordre des médecins de Paris. Les patientes parlaient de bisous, de mains aux fesses… On l'a convoqué pour lui dire de se tenir à carreau…» Avec le temps, les victimes en ont raconté bien plus. Leurs échecs à concevoir un enfant. Leurs espoirs placés dans les mains de ce grand spécialiste. Et les consultations qui auraient dérapé. « Quand il m'a conduite à l'acte sexuel, j'étais au tout début d'une nouvelle tentative de fécondation in vitro, raconte l'une d'entre elles. C'était impossible d'arrêter ses agissements…»

Car toutes ne rêvaient que de tomber enceinte. «Elles ont fermé les yeux parce que cet homme était devenu leur seule chance d'avoir un bébé, confirme Claude Katz. Elles le considérait comme un sauveur, un bon Dieu.» Jusqu'à ce que l'une d'entre elles s'épanche sur Internet, déclenchant un afflux de témoignages. Au final, 35 victimes se sont déclarées. Mais pour la plupart, les faits étaient déjà prescrits. Aujourd'hui, André Hazout est donc ainsi accusé de «viols» et d'«agressions sexuelles» sur six patientes. Contacté, son avocat n'a pas souhaité s'exprimer.