Corse: L'ancien avocat d'Yvan Colonna assassiné à Ajaccio

FAITS DIVERS Antoine Sollacaro aurait été ciblé par plusieurs tireurs mardi matin...

N. Bg. et M.Gr. avec AFP

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Antoine Sollacaro à Ajaccio, le 14 mars 2009.
Antoine Sollacaro à Ajaccio, le 14 mars 2009. — BELZIT JEAN-PIERRE/SIPA

Antoine Sollacaro était l'un des avocats corses les plus connus. L'un des anciens défenseurs du berger corse Yvan Colonna a été abattu ce mardi matin vers 9h à Ajaccio (Corse du Sud). L'homme aurait été touché par trois impacts de balles. Deux dans la tête et une dans la poitrine, rapporte BFMTV.

L'avocat a été suivi par deux hommes à moto, un pilote et un tireur, qui a fait feu à plusieurs reprises sur lui avec une arme semi-automatique de calibre 11.43, avant de l'achever d'une balle dans la tête à bout portant. L'avocat et ancien bâtonnier se trouvait alors dans une station-service de la route des Sanguinaires, à une dizaine de kilomètres du centre-ville, rapporte Corse Matin. La scène a été filmée par la caméra de vidéo-surveillance de la station-service. Le quotidien précise qu’un important dispositif policier a été mis en place.

L'avocat du barreau d'Ajaccio, qui avait été proche des milieux nationalistes, avait assuré jusqu'en 2011 la défense d'Yvan Colonna, condamné à la prison à perpétuité pour l'asassinat, en 1998, du préfet de Corse Claude Erignac. Il s'était retiré de l'équipe des défenseurs lors du dernier procès devant la cour d'assises spéciale de Paris.

Un autre corps retrouvé une heure plus tôt

Me Sollacaro était l'un des plus brillants avocats pénalistes de Corse et dirigeait un important cabinet à Ajaccio. C'est le quinzième homme tué par balles dans l'île depuis le début de l'année, après un autre homicide survenu mardi matin.

Un peu plus d'une heure plus tôt, le corps de Jean-Dominique Allegrini-Simonetti avait été retrouvé criblé de balles dans sa voiture à Aregno, un village de Haute-Corse situé à 60 km de Bastia. Cet homme de 51 ans était connu de la justice et proche de l'ancien mouvement clandestin Armata Corsa.

A Paris, l'«association des Corses du palais», qui regroupe à Paris juristes et amis de la Corse, a «condamné fermement» cet assassinat «scandaleux». De son côté, Dominique Mattei, ancien bâtonnier du barreau de Marseille, a estimé qu'«on a touché un symbole», après avoir appris l'assassinat de son confrère Antoine Sollacaro.

«Avec l'assassinat d'un avocat, on passe un palier»

Me Patrick Maisonneuve s'est dit «abasourdi» par l'assassinat de son confrère, avec qui il défendit Yvan Colonna, estimant qu'un «palier a été franchi» avec le meurtre d'un avocat. «Je suis atterré, abasourdi, mes pensées vont à sa femme et ses enfants», a-t-il dit à l'AFP.

«Nous nous connaissions depuis 20 ans, nous avions défendu ensemble des nationalistes devant les premières cours d'assises spécialement composées», a ajouté l'avocat. «Avec l'assassinat d'un avocat, on passe un palier, il n'y a plus de limite, c'est quelque chose d'exceptionnel», a ajouté Me Patrick Maisonneuve.

De son côté, Me Philippe Dehapiot, qui fut également avocat de Colonna avec Me Antoine Sollacaro a déclaré à l'AFP: «je viens d'apprendre la mort d'un ami. Je pense à sa femme et à son fils».