Vidéo: Les Femen attaquent le ministère de la Justice contre les viols collectifs

FÉMINISME es «sextrémistes» ont mené une action place Vendôme, ce lundi matin...

Mathieu Gruel et Jonathan Duron pour la vidéo

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Les activistes du collectif Femen manifestent devant le ministère de la Justice, le 15 octobre 2012.
Les activistes du collectif Femen manifestent devant le ministère de la Justice, le 15 octobre 2012. — A.GELEBART/20MINUTES

«La justice nous viole!» Les féministes aux seins nus de Femen ont pris d'assaut la place Vendôme à Paris, ce lundi. Les «sextrémistes», comme elles se surnomment, ont fait deux charges contre le ministère de la Justice pour protester contre le verdict du procès des viols collectifs de Fontenay-sous-Bois.

>> Les Femen investissent Paris. Voir notre reportage vidéo par ici.

Vers 10h30, sept membres du collectif ont ainsi fait leur apparition au pas de course. Sous le regard interloqué de plusieurs passants, les «sextrémistes» ont alors escaladé les fenêtres du ministère de la Justice, avant d'y brandir banderoles et pancartes, sur lesquelles on pouvait lire «Rape me justice» ou «Justice fucks us».

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A quelques mètres, Marie-Ange observe, admirative: «Je ne pourrais pas faire une chose pareille. J'admire leur courage.» Un peu plus loin et alors que les Femen continuent de hurler leurs slogans, Mathilde reconnaît qu'il s'agit d'«un bon coup marketing, mais que leur combat est honorable». Elle dit d’ailleurs «soutenir positivement le mouvement».

Montrer que la justice dysfonctionne

A peine descendues de leurs perchoirs, les activistes prennent le temps d’expliquer leur action. Les pancartes et banderoles, elles, ont déjà disparu. «On veut montrer que la justice dysfonctionne», explique Eloïse, qui a rejoint le mouvement pendant les Jeux olympiques de Londres. Couronne de fleurs sur la tête et poitrine dénudée, elle explique qu'elles «s'attendaient à se faire embarquer». Mais Julia, qui revient sur leurs revendications et notamment leur demande «symbolique» de castration des violeurs, assure qu'«il y avait un plan B de prévu».

Pendant qu’elles répondent aux journalistes, les portes du ministère se sont rouvertes. Et la présence policière s'est renforcée. Les activistes décident alors de tenter à nouveau leur chance. Mais la nouvelle cavalcade ne permet pas aux jeunes femmes d’entrer dans l’établissement. Juste de débuter un face-à-face avec les forces de l'ordre.

«On n’a pas d’arme à part nos seins»

Encerclées par les policiers, équipés de boucliers pour ne pas les toucher directement, les slogans continuent de fuser pendant quelques minutes. Puis les négociations s'engagent avec les fonctionnaires. «Au lieu de nous arrêter, arrêtez ceux qui nous agressent», crie l’une d’entre elles. «On n'a pas d'arme à part nos seins», lâche une autre.

Déplacées sur le côté du ministère, elles seront ensuite raccompagnées par les forces de l'ordre vers la station de métro la plus proche, après qu'on leur a demandé de se rhabiller.

Mais alors que les activistes s'éloignent, déjà elles promettent de nouvelles actions à venir. A l'initiative du collectif Féministes en mouvements, toutes les organisations défendant les droits des femmes devraient également être présentes, ce lundi à 18h30 place Vendôme, pour demander une réponse politique après le verdict de Créteil. Les Femen ont promis d’être là.