Trafic de drogue: L'élue EELV a accepté de démissionner

ENQUETE Les policiers ont retrouvé 400.000 euros en liquide à son domicile...

avec AFP

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Le domicile de Florence Lamblin, adjointe au maire du 13e arrondissement de Paris, mise en examen dans une affaire de blanchiment d'argent de la drogue.
Le domicile de Florence Lamblin, adjointe au maire du 13e arrondissement de Paris, mise en examen dans une affaire de blanchiment d'argent de la drogue. — THOMAS SAMSON / AFP

Une élue parisienne Europe Ecologie - Les Verts (EELV) figurant parmi les 17 personnes interpellées en France et entendues cette semaine lors du démantèlement d'un réseau de blanchiment de fonds liés au trafic de drogue, a été mise en examen ce samedi matin.

Une perquisition au domicile de Florence Lamblin, adjointe au maire du XIIIe arrondissement, chargée du développement durable et de l'environnement, a permis aux enquêteurs de retrouver 400.000 euros en liquide, a précisé cette source. Neuf personnes parmi les 17 interpellées auraient également été mises en examen. Interrogée par France Info dans la matinée, l'élue se défend toutefois des faits qui lui sont reprochés mais aurait tout de même accepté de démissionner, selon d'autres informations.

Une vingtaine de personnes interpellées

Une vingtaine de personnes au total ont été interpellées en France et en Suisse dans cette affaire et plusieurs millions d'euros en espèces et biens de valeur saisis, avaient annoncé les autorités judiciaires françaises et suisses mercredi.

En France, 17 personnes ont été arrêtées, soupçonnées d'être membres du réseau de trafic de stupéfiants, des blanchisseurs et des bénéficiaires de remises d'espèces, a indiqué le procureur de Paris. Et trois responsables du réseau de blanchiment ont été interpellés à Genève.

Le Maroc, l'Espagne et la région parisienne

A l'origine de cette affaire, une enquête lancée à Nanterre (Hauts-de-Seine) en février, et transférée à Paris, a mis au jour un réseau d'importation de cannabis entre le Maroc, l'Espagne et la région parisienne. Ce réseau avait déjà importé plus de huit tonnes de cannabis à cette époque et le produit de ce trafic était blanchi via «une machinerie complexe», selon le parquet.

Cette structure partait de l'organisateur du trafic de drogue en France qui remettait les bénéfices à des collecteurs de fonds qui les transmettaient à un collecteur central. Ce dernier payait les trafiquants espagnols et réinjectait la plus grande partie des fonds dans un circuit de blanchiment «orchestré depuis plusieurs années avec plusieurs membres de sa famille», selon le parquet.

Un million d'euros en espèces et des armes

Ces espèces étaient remises à des clients souhaitant disposer d'argent liquide en France et ayant des comptes ouverts en Suisse dans une société financière «appartenant à la famille des blanchisseurs». «Les principaux protagonistes suspectés d'avoir organisé ce réseau sont des citoyens suisses de Genève et français de Paris, appartenant à la même famille d'origine marocaine», avait précisé le ministère public genevois.

Ces sommes étaient in fine transférées sur des comptes bancaires à l'étranger pour revenir aux organisateurs du trafic.

En France, ont été notamment saisis plus d'un million d'euros en espèces et deux photos d'art d'une valeur d'un million d'euros ainsi que des armes.