Le Collectif contre le contrôle au faciès s'invite chez le Défenseur des droits

DISCRIMINATION A une semaine du rapport Baudis sur les contrôles d'identité, le Collectif entend lui présenter des exemples concrets d'abus policiers...

Nicolas Bégasse
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Contrôle d'identité gare du Nord à Paris, le 14 juin 2010.
Contrôle d'identité gare du Nord à Paris, le 14 juin 2010. — HADJ/SIPA

A quelques jours de la remise de son rapport sur la «régulation des contrôles d’identité», le Défenseur des droits Dominique Baudis reçoit ce mercredi après-midi la visite du Collectif contre le contrôle au faciès (CCCF).

L’objectif des membres du collectif est double: saisir le Défenseur des droits de plusieurs cas signalés de contrôles d’identité abusifs, et le relancer sur l’idée d’un récépissé, abandonnée par Manuel Valls le mois dernier. «Nous voulons contredire les propos faciles des syndicats de policiers qui disent que le contrôle au faciès n’existe pas alors qu’il y a une pratique collective des contrôles d’identité à revoir», explique à 20 Minutes le porte-parole du CCCF et du Collectif anti-négrophobie, Franco Lollia.

Un récépissé «mal engagé»

«Nous avons rencontré les services du Défenseur des droits au mois de mai, ils nous ont dit qu’ils voudraient en savoir plus sur les cas de contrôle au faciès», détaille une coordinatrice du Collectif contre le contrôle au faciès. «Cela leur donnera des éléments concrets pour réfléchir à la question». Car le CCCF se défend de vouloir influencer Dominique Baudis, qui doit rendre public son rapport la semaine prochaine. «Nous ne voulons pas l’influencer, mais lui donner des éléments objectifs qu’il n’a peut-être pas», affirme Franco Lolla.

Sur le récépissé délivré lors des contrôles d’identité, enterré le 19 septembre par le ministre de l’Intérieur, le porte-parole admet que «c’est mal engagé». «Mais le gouvernement n’est pas le seul interlocuteur. Il y a aussi le Défenseur des droits, les médias, et d’autres acteurs politiques, comme des parlementaires que nous avons rencontrés» et qui réfléchissent à des propositions de loi sur le sujet.

Concernant le rapport Baudis, le collectif espère bien que, fort des nombreux exemples concrets d’abus qui lui auront été remis, le Défenseur des droits «admettra» que le contrôle au faciès est une réalité. Et si c’est le cas, «il devra rendre un rapport qui sera à la hauteur de l’injustice, avec des mesures concrètes qui soient en accord avec le pacte républicain», estime Franco Lollia. «On veut croire qu’un tel rapport influencera le gouvernement. Si non, on continuera à se battre car notre objectif c’est la justice réelle, pas une illusion de justice», conclut le porte-parole du CCCF.