Adem Uzun, dirigeant du PKK, interpellé et placé en garde à vue

INFO «20 MINUTES» est soupçonné d'avoir cherché à se procurer des armes afin d'alimenter en Irak la branche armée du Parti des travailleurs kurdes...

William Molinié

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Capture d'écran d'Adem Uzun, un dirigeant du PKK en Europe, interpellé samedi 6 octobre 2012 à Paris
Capture d'écran d'Adem Uzun, un dirigeant du PKK en Europe, interpellé samedi 6 octobre 2012 à Paris — DR

Plusieurs individus, tous nés en Turquie, dont un responsable du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en Europe, ont été interpellés samedi et dimanche en France, a appris ce lundi 20 Minutes de sources judiciaire et policière. L’opération menée en région parisienne et autour de Laval (Mayenne) a été conduite dans le cadre d’une information judiciaire pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ouverte le 12 juillet dernier par le pôle antiterroriste du parquet de Paris.

Six mois d’écoutes et de filatures

Un important dirigeant du PKK en Europe, Adem Uzun, a été arrêté samedi après-midi dans un bar de Montparnasse vers 16h, en compagnie d’une autre personne, tandis que deux autres individus ont été interpellés dimanche matin à Evron (Mayenne) et Saint-Ouen-L’Aumône (Val-d’Oise). Placés en garde à vue à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, les enquêteurs cherchent à savoir s’ils ont cherché à se procurer des armes afin d’alimenter en Irak la branche armée du PKK. «Il s’agit principalement de missiles anti-char», a indiqué une source judiciaire, confirmant que le dirigeant apparaissait comme le «meneur d’ordres».

Une enquête préliminaire «ciblée» avait été lancée au mois d’avril dernier. Au terme de six mois d’écoutes, de filatures et de surveillances, les policiers de la Sous-direction anti-terroriste de Paris (Sdat) pensent avoir mis à jour plusieurs contrats qui auraient été passés «entre la branche politique du PKK et la branche armée, celle logistique». «Il a été évoqué un chiffre d’1,2 million d’euros pour un des accords», a ajouté une source judiciaire, sans préciser qui était le bénéficiaire de ce contrat.

«C’est une affaire importante. Car la relation entre les branches politique et logistique du PKK n’a pas encore été démontrée, dans le sens où cela n’a pas encore été mené devant la justice française», a précisé une source policière.

Selon nos informations, ces quatre individus pourraient être déférés devant un juge dès mardi.