Affaire Bettencourt: Patrice de Maistre entendu dans le volet trafic d'influence

© 2012 AFP
— 
L'ex-homme de confiance de Liliane Bettencourt Patrice de Maistre, plusieurs fois mis en examen dans les dossiers Bettencourt, a été entendu pendant plusieurs heures lundi au Palais de Justice de Bordeaux, dans le volet "trafic d'influence", a-t-on appris de source proche du dossier.
L'ex-homme de confiance de Liliane Bettencourt Patrice de Maistre, plusieurs fois mis en examen dans les dossiers Bettencourt, a été entendu pendant plusieurs heures lundi au Palais de Justice de Bordeaux, dans le volet "trafic d'influence", a-t-on appris de source proche du dossier. — Jean-Pierre Muller afp.com

L'ancien homme de confiance de Liliane Bettencourt Patrice de  Maistre, plusieurs fois mis en examen dans les dossiers Bettencourt, est  arrivé lundi matin au Palais de Justice de Bordeaux, accompagné de ses  trois avocats, a constaté l'AFP, pour une audition chez le juge.

Patrice  de Maistre est arrivé souriant peu avant 10 heures, accompagné de Mes  Pierre Haïk, Jacqueline Laffont et Christophe Cariou-Martin. Selon une  source proche du dossier, confirmant une information de Libération, Patrice de Maistre devait répondre lundi à de nouvelles questions dans le volet «trafic d'influence» de l'affaire.

L'embauche de l'épouse de Woerth

Il  est soupçonné d'avoir facilité l'embauche de Florence Woerth, femme de  l'ancien ministre du budget et ancien trésorier de l'UMP Eric Woerth,  par une société chargée d'administrer les dividendes de l'Oréal versés à  Liliane Bettencourt, Clymène. En échange, Eric Woerth lui aurait fait  obtenir la Légion d'Honneur.

Patrice de Maistre est poursuivi  depuis juin pour trafic d'influence actif dans cette affaire, et Eric Woerth pour trafic d'influence passif depuis février.

L'ancien  homme de confiance, qui est aussi mis en examen notamment pour abus de  faiblesse et abus de biens sociaux dans les affaires Bettencourt, a  passé 88 jours en prison à la maison d'arrêt de Gradignan (Gironde).  Mais il a toujours démenti toute malversation.

Il passe après Courroye

En particulier, il a  toujours affirmé ne rien savoir de la destination finale des quatre  millions d'euros en liquide dont il avait supervisé le rapatriement  depuis les comptes suisses des Bettencourt de 2007 à 2009. Les juges  soupçonnent qu'il a pu en garder une partie, ou qu'une autre partie a pu  servir à financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007  mais Patrice de Maistre a toujours soutenu avoir remis l'argent à la  milliardaire ou à son mari et ne pas savoir ce qu'ils en ont fait.

André Bettencourt est décédé fin 2007, et son épouse est affaiblie psychiquement.  Le juge Jean-Michel Gentil et ses deux collègues multiplient les  auditions actuellement. La semaine dernière, ils ont entendu l'ancien  procureur de Nanterre Philippe Courroye, alors que quatre proches  professionnels de Nicolas Sarkozy, dont son avocat Me Thierry Herzog,  ont été interrogés à la Brigade financière de Paris dans des  comparaisons d'agenda.