Opération antiterroriste: «En prison, les jeunes reconnaissent l'autorité des barbus»

RELIGION Ils sont très surveillés par les surveillants...

V.V.

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La prison de Carquefou, à Nantes.
La prison de Carquefou, à Nantes. — FRANK PERRY / AFP

Comme les Corses ou les Basques, ceux que les détenus appellent les “barbus” forment une communauté à part dans les prisons françaises. «La première fois que je les ai aperçus, c'était dans la cour, lors de la promenade, confie Mohamed*, qui a passé deux ans à la prison de la Santé (Paris). Je les ai côtoyés un peu, mais je n'adhérais pas à toutes leurs idées…»

S'ils ne sont pas majoritaires, les islamistes radicaux semblent sous étroite surveillance derrière les murs des établissements pénitentiaires. «Dès que quelqu'un allait leur parler, les matons venaient se renseigner. Ils sortaient alors un petit cahier rouge et ils notaient vraiment tous les renseignements», poursuit ce Lyonnais de 27 ans.

«Ils leur parlent de rédemption»

Politique, religion: «Certains “barbus” avaient des idées très dures, raconte encore cet ancien détenu. Je me rappelle qu'ils ne voulaient pas parler quand une surveillante femme s'adressait à eux.» A l'heure de la promenade, c'est surtout auprès des jeunes que ces prisonniers exerçaient leur influence. «J'ai vu pas mal de petits caïds. Ils ne sont pas pratiquants, mais ils reconnaissaient l'autorité des “barbus”. Lors de la promenade, ils leur parlent de rédemption, de la voie à suivre pour se faire pardonner leurs erreurs. Et certains se laissent convaincre…»

Toujours sous la surveillance des matons: «Le mec qui se met à faire la prière du jour au lendemain est regardé bizarrement. Mais ça se produit parfois…»

* Le prénom a été modifié