« Tout converge pour que la police se développe de façon autonome »

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Neyret soupçonné d'avoir bénéficié de cadeaux du milieu lyonnais, les douaniers de Roissy qui auraient subtilisé de l'argent dans des bagages, la BAC de Marseille… Le point commun ? Les stupéfiants, qui occupent une place centrale. La drogue « génère des profits très grands, dès lors qu'on est protégé des risques de violence associés à ce commerce et, par définition, les policiers en sont protégés », explique Fabien Jobard, directeur du Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales. Il souligne le manque de contrôle dans certains services. « Tout converge depuis une dizaine d'années pour voir se développer des polices de plus en plus autonomes et refermées sur elles-mêmes, indique-t-il. La loi leur a donné des moyens de plus en plus nombreux de travailler en enquête préliminaire, sur simple soupçon et sans saisine d'un juge. Au final, on ne s'étonne pas que ces affaires surgissent dans des services de PJ liés à la criminalité dite organisée, ou dans des services laissés en pure autonomie sur le terrain. » Autrement dit, comme la BAC.W. M.