les « ripoux » dans le collimateur

William Molinié

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Illustration police.
Illustration police. — V. WARTNER / 20 MINUTES

L'opération mains propres, lancée mardi par l'Inspection générale de la police nationale à Marseille, a relancé la polémique ouverte après l'affaire Neyret sur les dérives de certains policiers. « C'est une affaire aussi exceptionnelle que rare, rappelle Pascal Garibian, porte-parole de la Direction générale de la police nationale (DGPN). Cela montre surtout que l'institution met tout en œuvre pour porter les dérives à la connaissance de la justice. » Selon des sources policières, 3 000 sanctions disciplinaires sont prononcées chaque année parmi les 145 000 policiers. Environ 85 % d'entre elles concernent un avertissement ou un blâme et 3 % (une centaine) ordonnent une mise à la retraite d'office ou la révocation, soit la sanction la plus lourde.

Manque d'encadrement ?
Les faits de corruption représentent, d'après le Service central de prévention de la corruption, placé auprès du ministère de la Justice, moins de dix cas par an. « Ce chiffre est stable depuis plusieurs années », précise un conseiller de ce service interministériel.
Plusieurs mois après l'affaire Neyret, l'image de la police est à nouveau entachée. « Si l'enquête confirme ces faits, il faudra alors se demander pourquoi ces garçons ont fait ça. Et surtout s'il y a eu un manque de contrôle ou d'encadrement (lire ci-dessous) », avance un policier parisien. A la DGPN, on rappelle que l'enseignement de la déontologie dans les écoles de police est « théorique, mais surtout pratique ».

Une histoire hors norme

Douze policiers ont été placés en garde à vue mardi à Marseille. Ils sont soupçonnés de s'être procuré de la drogue ou de l'argent des trafiquants. L'enquête devra déterminer si leurs motivations étaient « crapuleuses, pour rendre service ou pour des opérations d'infiltration », a indiqué le procureur.