De Lyon à Marseille, six histoires de «ripoux»

SOCIÉTÉ afic, vols ou racket... La corruption dans les forces de l’ordre peut prendre de multiples formes...

M.Gr.

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Michel Neyret, à son arrivée au conseil de discipline de la police, le 4 septembre 2012.
 
Michel Neyret, à son arrivée au conseil de discipline de la police, le 4 septembre 2012.   — V. WARTNER / 20 MINUTES

Après l’arrestation, mardi, de douze policiers de la Brigade anticriminalité (BAC) de Marseille, 20 Minutes revient sur six affaires de corruption qui ont touché les forces de l’ordre françaises ces dernières années.

Douze policiers interpellés à Marseille

Ils sont tous policiers de la BAC. Placés en garde à vue mardi 2 octobre 2012 à Marseille, ces douze policiers sont soupçonnés d’avoir obtenu des produits stupéfiants ou de l'argent par des trafiquants de drogue ou des vendeurs de cigarettes à la sauvette. Une affaire dans laquelle le procureur souhaite que l’enquête détermine si leurs motivations étaient «crapuleuses, pour rendre service ou pour des opérations d'infiltration». L’instruction a été ouverte pour «vol et extorsion en bande organisée» et «détention, acquisition, transport, cession de stupéfiants».

L’affaire Neyret à Lyon

Le 29 septembre 2011 à l'aube, la «police des polices» cueillait à son domicile Michel Neyret, n°2 de la PJ lyonnaise. Quelques jours plus tard, le 3 octobre, celui qui était jusqu’ici connu comme un «superflic» était mis en examen –ainsi que huit autres personnes, au total- et écroué. Outre Michel Neyret et son épouse Nicole, quatre autres policiers -le chef de l'antenne de la PJ de Grenoble, son adjoint, le patron de la Brigade de recherche et d'intervention de la PJ de Lyon et un membre de la brigade des stups de Lyon qui ont été suspendus depuis-, un douanier et deux corrupteurs présumés sont poursuivis. L’ex-«superflic» a depuis été libéré en mai dernier après huit mois de détention provisoire. Le ministère de l’Intérieur a prononcé sa révocation. L’instruction est toujours en cours.

Les petits trafics de policiers du Nord

En avril 2012, une enquête était ouverte par le Bureau des affaires judiciaires, de discipline et de contrôle (BAJDC). Elle entendait faire la lumière sur un système qui aurait été mis en place depuis au moins trois ans dans les commissariats de Lille, Roubaix et Tourcoing. Des vélos, scooters et autres saisies diverses y auraient en effet été revendus à des ferrailleurs, pour agrémenter l'ordinaire et permettre l'achat de petits matériels avec l'argent des ventes.

Les douaniers qui volaient dans des valises

En juin 2012, sept douaniers étaient interpellés dans le cadre d’une enquête pour «vol, recel et corruption», menée par l'Office central de la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS). Ils étaient soupçonnés d'avoir pris de l'argent liquide par millions dans les valises de trafiquants de drogue présumés. Ces douaniers présumés «ripoux» avaient été vus alors qu'ils se servaient «en argent liquide» dans les valises de personnes soupçonnées de se livrer au trafic de stupéfiants, faisant transiter l'argent de la drogue par avion.

Trois CRS racketteurs à Bobigny

Les faits reprochés remontent à l'été 2006. Plusieurs chauffeurs de taxi s’étaient alors fait arrêter, principalement sur l'autoroute A1, par des véhicules de police. Sous prétexte d'infraction et du risque d'une perte importante de points, les fonctionnaires avaient alors réclamé de l'argent pour fermer les yeux. Dans cette affaire, trois CRS ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Bobigny à 18 mois de prison, dont un an avec sursis. Ils écopent également d'une interdiction de servir dans la police pendant cinq ans.

Onze policiers lyonnais trop proches du milieu

Interpellés le 11 septembre 2012 à leur domicile, onze personnes, dont sept fonctionnaires, étaient soupçonnées d’avoir entretenu des relations douteuses avec les membres d’une famille de Vénissieux, délinquants notoires. Deux frères de cette famille ainsi que deux hommes appartenant à leur entourage professionnel avaient également été arrêtés et placés en garde à vue pour des faits de corruption ou de trafic d’influence. Les policiers étaient, de leur côté, suspectés d'avoir reçu des cadeaux de la part de délinquants, en échange de renseignements.