Soupçons de corruption dans la police à Marseille: Le point sur l'affaire

ENQUÊTE out comprendre au sujet du coup de filet à la BAC Nord...

J. M. avec agences

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Un policier entre dans les locaux de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) de Marseille, le 2 octobre 2012.
Un policier entre dans les locaux de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) de Marseille, le 2 octobre 2012. — BORIS HORVAT / AFP

Douze policiers ont été placés en garde à vue mardi à Marseille. Le point sur cette affaire de corruption présumée.

Qui sont les policiers interpellés?

Ce sont tous des policiers de la brigade anticriminalité (BAC). Quatre d’entre eux ont été interpellés à leur prise de service, mardi vers 9h. Le parquet de Marseille a ensuite annoncé que huit autres policiers avaient été interpellés plus tard dans la journée. Les locaux de la BAC Nord de Marseille, et les domiciles des suspects ont été perquisitionnés par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

De quoi sont-ils soupçonnés?

Une instruction est ouverte pour «vol et extorsion en bande organisée» et «détention, acquisition, transport, cession de stupéfiants». Ils sont soupçonnés d’avoir obtenu des produits stupéfiants ou de l'argent par des trafiquants de drogue ou des vendeurs de cigarettes à la sauvette. Le procureur souhaite que l’enquête détermine si leurs motivations étaient «crapuleuses, pour rendre service ou pour des opérations d'infiltration».

Comment ont-ils été repérés?

Plusieurs d’entre eux ont été placés sur écoute dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en février dernier par la juge d'instruction Patricia Krummenacker. «Il s'agit d'une instruction criminelle de vaste ampleur, un certain nombre d'autres interpellations vont être faites», a prévenu le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest. «Apparemment, il ne s'agit pas de pratiques occasionnelles, mais de pratiques assez répandues dans ce service depuis un certain temps», a-t-il ajouté.

Que va-t-il se passer pour eux?

Leur garde à vue peut durer 96 heures. Ils pourraient ensuite être laissés libre ou déférés devant le parquet pour une éventuelle mise en examen. «Chaque fois qu'il y aura des policiers ou des gendarmes qui ne seront pas en phase avec le Code de déontologie (...), il y aura évidemment des sanctions et la justice passera», a prévenu Manuel Valls. Les faits de vols et extorsion en bande organisée relèvent de la juridiction criminelle et les peines encourues peuvent atteindre 20 ans de réclusion.