Mediator: 86% des dossiers d'indemnisation jugés irrecevables

SANTE L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux juge que 86% des dossiers sont sans lien de causalité avec le médicament...

Anne-Laëtitia Béraud et V.V.
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Une boîte de Mediator, médicament retiré de la vente en novembre 2009 et soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en France.
Une boîte de Mediator, médicament retiré de la vente en novembre 2009 et soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en France. — AFP PHOTO/FRED TANNEAU

Le scandale du médicament antidiabétique Mediator, prescrit pendant des décennies comme coupe-faim et accusé d’avoir provoqué plusieurs centaines de morts, pourrait connaître un rebondissement. En effet, 86% des dossiers de victimes présumées du Mediator seraient jugés irrecevables par les experts du ministère de la Santé, rapporte ce mercredi Le Parisien.

Le collège d’experts de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam) aurait jugé 86% des dossiers «sans lien de causalité» entre la prise de ce médicament des laboratoires Servier et la maladie, selon le quotidien. Sur les 831 dossiers médicaux étudiés par l’Oniam depuis septembre 2011, 712 ont été été rejetés et 112 jugés recevables.

Si des milliers de dossiers restent encore à être étudiés, les critères de sélection par cet office dépendant du ministère de la Santé sont rigides. Ce qui laisse en suspens, voire remet en cause la question de l’indemnisation des victimes.

«Il faut secouer le gouvernement»

Contacté par 20 Minutes, Dominique Courtois, médecin et président de l’association des victimes de l’Isoméride et du Médiator se dit «scandalisé». Selon lui, «il faut secouer le gouvernement. Nous avons alerté Marisol Touraine il y a plusieurs mois et nous n’avons toujours pas de réponse. Ce silence est pesant. On n’a même pas eu la décence d’avoir une réponse...»

Quant aux expertises, il trouve les critères «trop stricts». Il précise que «ce ne sont pas ceux qui avaient été définis avec Xavier Bertrand lors de la mise en place du fonds d’indemnisation. Aujourd’hui, les malades doivent prouver qu’ils n’ont pas fait d’angine étant petit, qu’ils n’ont pas pris de traitement anti-migraineux... Pour certains, cela remonte à trente ans. Comment voulez vous prouver cela.»

« Nous avons décidé de faire appel sur les dossiers irrecevables. On a deux mois pour le faire. Irène Frachon va se lancer dans un réexamen de tous ces dossiers», ajoute-t-il.