Un texte sur les terroristes français à l'étranger examiné mercredi

TERRORISME L'objectif est de combler le vide juridique mis en lumière par l'affaire Merah...

Reuters

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Photo distribuée par Aqmi d'un camp d'entraînement au Mali, en novembre 2010.
Photo distribuée par Aqmi d'un camp d'entraînement au Mali, en novembre 2010. — SIFAOUI MOHAMED/SIPA

Le conseil des ministres français doit examiner mercredi un texte permettant de réprimer l'entraînement militaire à l'étranger de personnes soupçonnées de préparer des attentats.

Un manque juridique

Le but de ce texte promis par François Hollande et le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, est de combler une lacune juridique mise en lumière, selon des policiers, par l'affaire Mohamed Merah, qui a tué sept personnes en mars dernier. En matière de lutte contre le terrorisme, l'arsenal juridique «doit, à chaque fois qu'il est nécessaire, être adapté et amélioré», avait déclaré François Hollande le mois dernier lors d'une cérémonie en hommage aux victimes du terrorisme.

Le président avait confirmé la préparation d'un projet de loi «tirant notamment les conclusions des drames de Toulouse et Montauban» afin de «rendre plus efficace encore notre lutte contre toutes les formes de terrorisme, même les plus élaborées». Mohamed Merah, jeune islamiste se réclamant de la mouvance Al-Qaida, a abattu sept personnes en mars à Toulouse et Montauban après avoir effectué des séjours suspects en Afghanistan et en zone pakistano-afghane.
Des spécialistes des questions de sécurité déplorent le manque, en France, de textes visant à réprimer les stages d'entraînement djihadistes à l'étranger, à l'instar de ceux visant les crimes pédophiles hors de France.

Des avocats notent cependant que Mohamed Merah aurait dû être identifié par des services de renseignement critiqués pour leurs défaillances supposées dans ce dossier. Les liens entre le jeune islamiste et la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) sont source d'interrogations. Mohamed Merah a ainsi été interrogé à Toulouse le 14 novembre 2011 à son retour d'un voyage en Afghanistan, sans être inquiété. Les parties civiles soupçonnent qu'il ait été recruté comme agent par les services français, avant de les berner. Le jeune Français a été abattu le 22 mars à Toulouse par le Raid, unité d'élite, lors d'un assaut donné à son logement où il était retranché depuis plus de 30 heures.