Echirolles: Trois auteurs présumés du double homicide sont en fuite

FAITS DIVERS En tout, douze personnes ont été placées en garde à vue pour «assassinats»...

N. Bg., C.C. et E.O., avec agences

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Des policiers mennent des interpellations à Grenoble (Isère), le 2 octobre 2012.
Des policiers mennent des interpellations à Grenoble (Isère), le 2 octobre 2012. — JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Le procureur de Grenoble Jean-Yves Coquillat a fait un nouveau bilan mardi après-midi des arrestations dans l'affaire de la rixe mortelle d'Echirolles.  Les douze personnes interpellées entre lundi soir et ce mardi ont été placées en garde à vue pour «assassinats», et trois autres auteurs présumés (peut-être «les plus intéressants» selon le procureur) du double homicide sont actuellement en fuite.

Aucun des gardés à vue n'a pour l'instant reconnu les faits, a indiqué le procureur, qui a précisé que la majorité d'entre eux disposaient d'un casier judiciaire. Jean-Yves Coquillat a ajouté que Kevin, une des deux victimes, a reçu 7 à 8 coups de couteau et que Sofiane, l'autre victime, en a reçu une trentaine.

La garde à vue des deux frères militaires prolongée

La police a interpellé dix personnes ce mardi dans le cadre de l'enquête sur le meurtre à l'arme blanche de deux jeunes dans le quartier de la Villeneuve, dans la banlieue de Grenoble. Cette opération intervient après deux premières interpellations, lundi, de deux militaires -deux frères- à Hyères (Var) et à Varces (Isère), dont la garde à vue a été prolongée ce mardi. «Les deux qui sont militaires et qui sont en garde à vue depuis hier ont, sur les conseils de leur avocat, décidé de garder le silence», a déclaré le procureur.

«Il y avait 15 "objectifs", dix personnes ont été interpellées, principalement à la Villeneuve», a précisé cette source à l'AFP. D'après le Dauphiné libéré, des arrestations ont également eu lieu dans le quartier du Village olympique, dont une pour outrage. Une majorité des interpellés sont de jeunes adultes âgés de 18 à 21 ans, a précisé une source policière à l'AFP. Une personne s'est par ailleurs présentée spontanément aux services de police ce mardi après-midi.

Plusieurs appartements perquisitionnés

Des policiers, dont certains en civil, sont intervenus dans le quartier dès 6h, sous les yeux de nombreux médias, a constaté une journaliste de l'AFP. A 7h, l'opération était toujours en cours. Plusieurs appartements ont été perquisitionnés lors de cette opération qui a mobilisé une cinquantaine de policiers, outre le Groupe d'intervention de la police nationale (GIPN), habillés en noir et cagoulés. Les suspects devaient être confrontés mardi soir aux témoins du crime par l'intermédiaire d'un «tapissage» (derrière une vitre sans tain). Ils devaient être présentés à un juge d'instruction en vue de mises en examen.

Le Président François Hollande a promis lundi soir, lors d'une visite surprise aux familles des deux victimes dans le quartier des Granges, à Echirolles, que tout était fait pour retrouver les auteurs du double meurtre. De son côté, Manuel Valls a affirmé ce mardi qu'Echirolles serait à terme classé en Zone de sécurité prioritaire. Une querelle d'adolescents devant un lycée, pour un regard de travers, semble à l'origine de ce déchaînement de violence. Une marche blanche a été organisée ce mardi à Echirolles en leur mémoire.

Les meurtriers, une bande de jeunes venus de la Villeneuve et armés de battes de base-ball, de manches de pioches, de marteaux, de couteaux et d'un pistolet à grenaille, s'en sont pris à Sofiane et Kevin, qui tentaient de protéger deux adolescents et ont succombé à de multiples coups de couteau. L'audition d'un jeune majeur interpellé vendredi a permis de reconstituer la scène et de retrouver le pistolet et des douilles. Les deux victimes, n'avaient jamais eu de problème avec la police ni la justice.