François Hollande le 1er octobre 2012, à Echirolles, en Isère, où ont été tués deux hommes le 28 septembre.
François Hollande le 1er octobre 2012, à Echirolles, en Isère, où ont été tués deux hommes le 28 septembre. — JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

FAITS DIVERS

Echirolles: Deux interpellations après la rixe mortelle

Le président de la République et le ministre de l'Intérieur se sont rendus en Isère sur les lieux où deux jeunes ont été tués vendredi...

Dernière info: Deux interpellations ont eu lieu près de Grenoble et à Hyères, selon une source proche de l'enquête.

Le président François Hollande et son ministre de l'Intérieur, Manuels Valls, ont effectué lundi soir une visite surprise dans le quartier d'Echirolles, en Isère, où deux hommes ont été tués vendredi à l'arme blanche par une bande de jeunes. A l'issue de la visite dans la cité des Granges, le chef de l'Etat a promis de renforcer les effectifs de police dans les quartiers sensibles et de faire en sorte que les auteurs de ce double meurtre soient arrêtés et punis par la justice.

Marche blanche mardi

François Hollande et Manuel Valls, arrivés à la tombée de la nuit, ont rencontré pendant trois quarts d'heure les familles des victimes, un étudiant et son ami d'enfance, 21 ans, dans l'appartement de l'une d'elles. Le chef de l'Etat avait déjà parlé aux familles par téléphone la veille, précise l'Elysée.

«J'ai exprimé, au nom de la France tout entière, ma solidarité à l'égard des familles, a-t-il dit à la presse. Je leur ai dit combien nous étions fiers de leur dignité, de leur courage, de leur volonté d'apaisement et (...) que tout est fait pour retrouver les auteurs de ces crimes odieux.» «Nous allons (...) renforcer encore un certain nombre d'effectifs là où il y a des violences et de l'insécurité, a-t-il ajouté. En même temps (...) nous allons tout faire pour que le destin de ces jeunes soit protégé, garanti vers la réussite.» Une marche blanche sera organisée mardi dans cette commune proche de Grenoble par les proches des deux victimes qui n'étaient connues ni de la police ni de la justice.

Une banale querelle d'adolescents devant le lycée local pour un regard de travers semble à l'origine de ce déchaînement de violence. Les meurtriers, armés de battes de base-ball, de manches de pioches, de marteaux, de couteaux et d'un pistolet à grenaille, venaient du quartier grenoblois de la Villeneuve. Les deux victimes, Sofiane et Kevin, qui tentaient de protéger deux adolescents, ont été pris pour cible et ont reçu de multiples coups de couteau.

«La petite goutte d'eau qui fait déborder le vase»

La police a interpellé vendredi un jeune majeur dont l'audition a permis de reconstituer la scène et de retrouver le pistolet et des douilles. L'enquête continue pour identifier les autres protagonistes de la rixe mortelle, dont l'opposition de droite s'est saisie pour accuser le gouvernement et la gauche de laxisme en matière de lutte contre la délinquance et la violence.

A la fin de sa visite, François Hollande a été interpellé par des habitants du quartier des Granges, dont la mère d'un garçon, lui aussi victime d'une agression. «Il n'est pas mort (...) Ces deux là, il ne faut pas qu'ils soient morts pour rien!» a-t-elle lancé. «Ils ne le seront pas!» a répondu François Hollande. «On est où, M. Le Président? J'ai voté pour vous, tous ces gens-là ont voté pour vous», a-t-elle poursuivi en désignant les dizaines d'habitants présents. «Eh bien ils ont droit à la sécurité, c'est ce que je suis venu leur apporter. Sécurité, justice et réussite», a répliqué le chef de l'Etat.

Plus loin, c'est Manuel Valls qui a été interpellé par un habitant. «On est Français, Monsieur. Ça c'est trop, c'est la petite goutte d'eau qui fait déborder le vase», a déclaré cet homme au ministre de l'Intérieur.