Obsolescence programmée: Ces produits trop durables que vous ne pourrez jamais acheter

CONSOMMATION Leur durée de vie trop longue va à contre-courant de la société de consommation...

Nicolas Bégasse

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L'ampoule la plus vieille du monde, qui brille toujours en Californie, éclaire depuis 1901.
L'ampoule la plus vieille du monde, qui brille toujours en Californie, éclaire depuis 1901. — STEWART COOK/REX/SIPA

C’est aujourd’hui que Michelin met en vente son vélo électrique à pneus «quasi-increvables», dont le groupe français a fait la présentation le 13 septembre dernier. Une innovation qui détonne, alors que le concept de l’obsolescence programmée semble conditionner la création de tout nouveau produit, respectant l’idée simple qu’un produit cassé, c’est un produit racheté. 20 Minutes profite de l’occasion pour faire une liste (non-exhaustive) de ces produits trop durables qui ne seront jamais commercialisés, de peur de tuer le marché.

Les pneus

L’obsolescence. Michelin vient donc de commercialiser (uniquement en France et par Internet) son vélo aux pneus quasi-increvables renforcés par une bande d'aramide, utilisée pour les gilets pare-balles. Dans le même temps, les pneus voiture doivent être changés, d’après les conseils du même constructeur, tous les dix ans au maximum. Pourquoi donc ne pas proposer des pneus increvables à plus grande échelle?

Le recours. Première solution: se mettre au vélo et choisir celui de Michelin pour ne plus avoir de soucis de pneu. Pour ceux qui ne souhaitent pas débourser 1.400 euros pour l’innovant deux-roues, il reste à attendre: le constructeur français semble décidé à créer et commercialiser, peut-être d’ici deux ans seulement, des pneus voiture à (presque) toute épreuve.

Les batteries

L’obsolescence. Certains scientifiques disent que la création d’une pile électrique inusable est techniquement possible. En attendant, les batteries de nos appareils modernes ont une autonomie peu satisfaisante. Celle des premières générations d’iPod était conçue pour ne durer que 18 mois, sans possibilité de remplacement. A la suite d’une class action aux Etats-Unis, Apple avait accepté de mettre en place un service de remplacement des batteries périmées.

Le recours. Les départements de recherche et développement sont à pied d’œuvre pour innover dans le secteur des batteries. Certains espèrent même créer une batterie à autonomie infinie pour smartphone. En attendant, on ne voit rien venir d’autre que l’iPhone 5, qui change les embouts de sa prise secteur, mettant ses pieds dans le plat de l’obsolescence programmée au grand dam des écologistes des Amis de la Terre. Pour les appareils à pile, une solution: le rechargeur de piles, qui rebooste même les piles qui ne sont pas rechargeables.

Les bas nylon

L’obsolescence. Bel exemple d’obsolescence programmée: à la moitié du 20e siècle, les bas nylon étaient très résistants et ne filaient pas. Un argument de vente puissant, tant acheter un collant pour le filer dans la journée est frustrant. Mais une qualité mauvaise pour les ventes, selon le principe du «un produit cassé, c’est un produit racheté». La méthode de fabrication a donc évolué, et les bas se sont remis à filer.

Le recours. Les consommateurs parlent aux consommateurs: l’UFC-Que choisir vient de publier dans son mensuel un test comparatif des collants (en accès payant par ici) –et certains sont bien notés pour la résistance.

L’ampoule électrique

L’obsolescence. Encore un exemple d’obsolescence programmée: en 1925, un regroupement de constructeurs décide de réduire la durée de vie des ampoules à 1.000 heures, alors que la technique permet de dépasser les 100.000 heures. On peut d’ailleurs toujours admirer par webcam l’ampoule centenaire, qui n’éclaire plus grand-chose mais qui brille encore.

Le recours. Opter pour les ampoules basse consommation est écologique, et va à l’opposé de l’obsolescence: leur durée de vie est six à huit fois plus élevée que les ampoules classiques. Seul défaut: elles sont plus chères. Mais comme l’expliquait le directeur d’Alternatives économiques,Philippe Frémeaux, dans le documentaire «Prêt à jeter», plus un produit aura une durée de vie longue, plus son coût sera élevé.